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AU CAP SIC 1 EU

Gazons, tout constellés de blanches pâquerettes, Frêles et douces fleurs! où nos petits enfants, Pour froisser dans leurs doigts vos fraîches collerettes, Bondissent, gracieux comme de jeunes faons ;

Volcaniques rochers, dont les masses énormes, Des chênes , dans leur chute , entraînent les vieux troncs Puis, altérant des monts les primitives formes, Agrandissent leurs pieds des débris de leurs fronts ;

Mers aux gouffres profonds où se perdent les sondes , Où la lame s'insurge en hérissant ses crins, Qui jonchez de trésors les rives des deux mondes, Et secouez les monts sous l'effort de vos reins;

Noir rempart de falaise, infranchissable digue, Qui brisez les fureurs de la foudre et des mers; Merveilles, que le ciel largement nous prodigue, Chantez ! un grand poète écoute vos concerts.

Chante, voix inconnue, ineffable mystère Qui, depuis dix mille ans, sous ces abîmes dors ! Pour que sa grande voix les traduise à la terre. Chantez, monts, pins et flots : il note vos accords.

IX SOIR QL'E M. * * s'y PROMENAIT, 70

Que la vague, l'oiseau, le rocher et la feuille, D'harmonie et d'encens inondent ce séjour, Pour que son noble front, en une heure, y recueille Toute une éternité de parfums et d'amour.

Effilons nos marteaux pour raser trois maisons ; Du travail tout l'hiver, du travail aux maçons !

Oh ! si nos jours sont froids et sombres , Nous nous réchaufferons par un chant fraternel ; Et nos bras lanceront aux nuages du ciel

D'autres nuages de décombres.

Sur le seuil du chantier déposons nos chagrins , D'une douce gaîté que nos fronts soient empreints ,

Et qu'avec nos bouteilles pleines La joie et la vigueur sortent de nos paniers *, Jusqu'à ce que les fleurs des beaux jours printaniers

1 Pendant les courtes journées de l'hiver, les maçons et presque tous les ouvriers, en Provence, portent dans un panier leur nourriture de tout le jour, afin de gagner au travail les heures de repas qu'ils vont prendre chez eux en év-.

Constellent le gazon des plaines.

Qu'il est beau de sentir s'abimer sous nos pieds

Tous ces planchers , fumants comme de grands trépieds ,

Comme la mer dans les tempêtes !

Et qu'il est doux de voir ces murs, que nous ouvrons, Nous montrer le soleil, à travers leurs chevrons ,

Ainsi que d'immenses squelettes !

Après avoir construit des demeures pour tous, Si nous pouvions , amis, bâtir un toit pour nous !

Si nous étions propriétaires D'un petit coin des champs qu'au loin nous découvrons. Pour voir grandir nos fils, pour reposer nos fronts ,

Que nous serions heureux, mes frères!

Et puis, si nous pouvions saper comme ces murs Les hideux préjugés et les vices impurs :

Si nos efforts pouvaient détruire Cette société, que de sublimes fous , Architectes divins, ébranlent à grands coups.

Et, sur leurs plans, la reconstruire !

La force, la beauté, l'harmonie et l'amour

Seraient inaugurés tous ensemble en un jour.

Comme ces pierres entassées S'élancent dans les airs en murailles de grès, Nous élèverions tous, vers le ciel du progrès,

Nos coeurs, nos chants et nos pensées.

Nous aurions le bonheur, la foi, la liberté! Et peut-être qu'enfin la sainte vérité

Luirait dans notre nuit profonde , Qu'à nos désirs ardents l'infini répondrait , Qu'en un immense amour la haine se fondrait

Et que Dieu bénirait le monde '. ! !

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