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AUX SOUSCRIPTEURS

Je vous avais construit une frêle nacelle , 0 mes amis ! Les flots de la publicité, Comme d'un alcyon, vinrent s'emparer d'elle ; Et je crus que ces flots, où tout vaisseau chancelle, L'engloutiraient bientôt dans leur immensité.

Mais vous m'avez lesté pour narguer le naufrage. Vous avez soutenu mon téméraire essor, De sorte, ô mes amis! que mon petit ouvrage, Sauvé par votre accueil et par votre suffrage, Semble voler vers vous avec des ailes d'or.

Un habile pinceau que notre ciel inspire De ses charmants dessins a décoré mes vers , Comme nos charpentiers suspendent au navire Que leurs bras vont lancer dans son liquide empire , Des guirlandes de fleurs et de longs festons verts.

Oh! merci. Je voudrais que ma reconnaissance Put vous être exprimée ainsi que je la sens.

DE M0> PREMIER VOLUME. -Il

Si ma voix de poète avait cette puissance , Il est bien des amis que mon amour encense A qui j'adresserais de sublimes accents.

Merci, car tous ces cœurs où le ciel te burine , Sceau de feu du génie, ont besoin d'être aimés ; Car souvent l'air natal remplit mal ma poitrine , Et par la majesté de la plage marine Mes avides regards ne sont plus animés.

Souvent, en explorant la falaise noircie, Large rempart de rocs qui barre l'Océan, Et nos bords dentelés comme une immense scie, Je ne sens plus la mer, volcan de poésie , M'enivrer des accords sauvages d'Ossian.

Je n'interroge plus la vague échevelée.

Ma jeune âme s'envole, en brisant ses liens, Vers les rochers, pendants du ciel sur la vallée , Les forêts de sapins, la neige immaculée , Diadème éternel des monts tyroliens.

Et ces alpestres pics où l'ouragan s'entasse ,

Puis galope, attelant à son grand char de feu

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Tous les nuages noirs dispersés dans l'espace.

A qui le mont oppose un bouclier de glace

Où ce char foudroyant vient rompre son essieu i

Je voudrais voir ce lac ou se mire Genève Pour bercer dans ses flots mon esprit voyageur. Pour y baiser les pas de Rousseau sur la grève . Et l'Isola-Bella, dont le beau front s'élève . Comme un palais de fée, au sein du lac Majeur.

J'aimerais à fouiller ces déserts monotones. Où des hymnes de mort, par les vents récité- . Évoquent chaque nuit ces vieilles Btibylones Dont il ne reste plu^ que des troncs de colonnes. Glorieux ossements des antiques cités.

Surtout quand le labeur me fait sentir sa chaîne. Quand la douleur m'abreuve à son calice amer. Je voudrais qu'un navire, aux bordages de chêne. M'emportât sur ces flots où nul port ne s'enchaine. Ou l'on n'aperçoit plus que le ciel et la mer.

Là, je contemplerais l'Éternel face à face.

Mes regards plongeraient dans le profond ravin

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