A LA LUNE
Pourquoi te caches-tu, pâle reine du soir? Crains-tu que mon regard, vierge, ne te profane? Ta douce image, au fond de la mer diaphane. Ne se réfléchit plus comme dans un miroir : Et ton disque, pareil à la fleur qui se fane . S'incline tristement sous le nuage noir.
Quand des cieux tes rayons blanchissent la lisière , L'univers, inondé de tes flots de lumière, S'endort en souriant, comme l'enfant vermeil Dont les yeux maternels protègent le sommeil. Mais quand tu disparais derrière les nuages , On dirait que l'effroi fait trembler les feuillages , Qu'ira immense suaire est tendu sur les mers .