A J.A LUNE
Et que le cauchemar pèse sur l'univers.
N'aimes-tu pas à voir errer l'amant fidèle Autour de la demeure ou sa maîtresse dort? N'aimes-tu pas à voir nos champs étoiles d'or . Nos masses de rochers que la vague dentelé . Et le hardi pécheur qui rêve loin du bord . Tandis que son bateau sur la mer se balance ?
N'aimes-tu pas à voir, ô vierge du silence , Le poë'te attiser, à tes chastes rayons, Le foyer presque éteint de ses illusions"?
Ne sais-tu pas qu'à l'heure où le hibou déserte
La lézarde des murs par les ronces couverte ,
Le brigand, étreignant un poignard dans ses mains.
Guette les voyageurs à l'angle des chemins?
Ne sais-tu pas qu'alors ta lumière l'effraie :
Qu'à travers les sentiers ténébreux qu'il se fraie.
Chacun de tes regards le suit comme un remord:
Qu'à chaque battement des ailes de l'orfraie,
Tremblant, il croit ouïr un tintement de mort?
Plane donc au-dessus de tes lugubres voiles .