M LES RUINES DE LAVERNK
Et les voix demandaient à nos cieux assombris Pourquoi ces monuments que la foi leur élève Tombaient sous le marteau, leurs prêtres sous le glaive, Pourquoi le vent des monts balayait leurs débris; Elles leur demandaient pourquoi la croix divine Avait servi de sceptre à de profanes mains, Et se rouillait, mêlée aux ossements humains, Dans les flancs noirs de la colline.
Et le ciel répondait : « Tout homme a reconnu Qu'il est prêtre du Christ en prêchant son exemple. Que mon plus noble autel est le mont au front nu. Et "que le monde est mon seul temple.
Et, tandis que ces murs, jadis tout crépis d'or, S'écroulaient sur les monts et jonchaient les ravines De tronçons de colonne et d'images divines, Les voix, en expirant, demandèrent encor Ce qu'allaient devenir ces vierges qu'on mutile, Ces beaux autels de marbre où l'artiste a gravé Tout ce qu'ivre de Dieu, son génie a rêvé. Ces tombes où dort le reptile.
Et tout leur répondit : « Ces murs disparaîtront:
LES RUINES DE LA.VERXK. \4b
La volonté d'un siècle est toujours obéie ; Et des autels plus purs bientôt s'élèveront Sur les cendres de l'abbaye.