‹ Le chantierChapitre 43 sur 106 · LES RUINES DE LAYERNE · texte numérisé non relu

LES RUINES DE LAYERNE

En montant vers ces murs mystérieux et saints ; Pourquoi, lorsque le soir les enveloppait d'ombres, Les vagues, aux flancs d'or, s'en venaient tour à tour Remplir de chants de joie et de parfums d'amour Ces muets et tristes décombres?

Ht la mer répondait : « Que les ouragans sourds Flagellent mes flots bleus, que les calmes les domptent, Moi, la fille de Dieu, je l'encense toujours, Toujours vers lui mes cent voix montent! »

Et les voix demandaient à ces sauvages fleurs Qui croissent par milliers dans les fentes des tombes, Au lierre qui, la nuit, abrite les colombes Et revêt les vieux murs de ses fraîches couleurs, Pourquoi, depuis cent ans, aux ruines fidèles, Ils vivent dans des lieux à la mort consacrés, Et s'élèvent du sol, blanc d'ossements sacrés. Jusques aux toits, noirs d'hirondelles?

Et les fleurs répondaient : « La tombe est un berceau. Voyez la fleur qui meurt de mille fleurs suivie ! dette fécondité n'est-elle pas le sceau De l'éternité de la vie ?

Page 1