‹ Le chantierChapitre 57 sur 106 · A BORD DE LA GOELETTE DE GUERRE I.A COMÈTE · texte numérisé non relu

A BORD DE LA GOELETTE DE GUERRE I.A COMÈTE

Lorsque ta goélette au radieux corsage, Comme un oiseau paré d'un superbe plumage, Cingla vers l'horizon que le soir brunissait, J'aurais voulu briser ses grandes voiles grises Qui battaient de plaisir sous les baisers des brises, Pour retenir l'ami qu'elle me ravissait.

Mais l'ombre s'étendit sur la mer solennelle. La lune dans le ciel monta rêveuse et belle ; Sa lumière blanchit la cime de tes mâts. Et, comme la comète, étoile échevelée,

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Trace un sillon de feu sur la voûte étoilée. Ta Comète, en fuyant, sema de feu ses pas.

Et ma prunelle en pleurs, fixe comme une étoile, Tant qu'elle put la voir, accompagna ta voile; Et quand tu disparus, quand l'espace et la nuit. Dans une ombre jalouse à mes yeux te voilèrent, Ma pensée et mon cœur après toi s'envolèrent. Et depuis cet instant mon souvenir te suit.

Oh! dans ces tristes jours que si loin tu dépenses, Est-ce à ton beau pays, est-ce à nous que tu penses"? Tu m'as dit en partant : a Aux cœurs qui me sont chers Le mien laisse en dépôt et sa vie et sa joie. » C'est un peu de ma vie, ami, que je t'envoie Par ces grands messagers qui traversent les mers.

Je confie, en tremblant, aux vagues infidèles Les intimes trésors qu'on échange par elles. Que d'espoir ont trahi ces vagues ou tu cour- : Leur calme majesté de colère est suivie \ Tu les aimes pourtant, l'orage de la vie Et l'orage des mers se partagent tes jours !

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