‹ Le chantierChapitre 58 sur 106 · FROID · texte numérisé non relu

FROID

Seigneur, depuis deux jours nos collines -ont blanche- Comme ces monts glacés, trônes des avalanches,

Où s'éternisent les hivers.

Depuis deux jours, hélas '. la neige éblouissante Couvre nos bois déserts et la moisson naissante De nos champs déjà verts.

Le pauvre laboureur pleure dans sa chaumière ;

Le soleil à ses blés refuse la lumière.

Le blanc suaire des frimas

S'épaissit, chaque nuit, de la neige qui tombe,

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Et pèse tristement, comme un marbre de tombe, Sur nos frileux climats.

Un jour, qu'avec effroi le pauvre se rappelle 1

La campagne au printemps souriant verte et belle,

Le souffle mortel des autans Gela les oliviers, ruina la Provence.

Qui, pour se relever de ce désastre immense, A travaillé vingt ans.

Hélas ! chaque matin le jour qui naît ressemble A ce jour désastreux qui vit mourir ensemble

L'orge et les blés dans les sillons, L'olivier dans les champs, l'oiseau dans les bruyères. Et, dans le désespoir, des familles entières Sans pain et sans haillons.

Seigneur, épargne-nous ce deuil et ces alarmes ! Protège l'arbre saint qu'arrosèrent tes larmes !

Fonds, des neiges, le froid linceul.

Le pauvre pleure et prie : exauce sa prière ! Presque toujours, Seigneur, de ta juste colère Le pauvre souffre seul.

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Refoule les frimas dans leurs sombres tanières '. Sauve, par le retour des chaleurs printanières,

L'olivier aux rameaux épai?!

Seigneur ! pour la Provence, où ton soleil l'éclairé, C'est l'arbre de la vie, et pour toute la terre C'est l'arbre de la paix.

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