‹ Le chantierChapitre 60 sur 106 · ÉCHAPPÉE DE MER A SA 1XT-MAN DR1ER · texte numérisé non relu

ÉCHAPPÉE DE MER A SA 1XT-MAN DR1ER

Entre deux montagnes qui joignent Leurs pieds de pierre monstrueux, Et dont les deux sommets s'éloignent Quand ils arrivent près des cieux,

Je vis la mer dont le zéphire Baisait le front limpide et pur; La mer, sœur du ciel, qui s'y mire Et la revêt de son azur.

On dirait que l'horizon coupe Ce grand angle par le milieu, Comme une gigantesque coupe Remplie à moitié d'un vin bleu.

Il est des jours maudits où la muse, endormie, N'effleure pas nos fronts d'une caresse amie, Où l'inspiration reste sourde à la voix Du poète impuissant, où la tète, affaissée, Nous pèse comme un mont, et porte la pensée Ainsi qu'un exécrable poids.

Nos deux mains, dans ces jours d'épouvantable crise, Étreignent notre front, de peur qu'il ne se brise, Et nous, qui nous croyions naguère grands et forts, Bardés de notre orgueil comme d'une cuirasse.

Nous luttons vainement contre un mal qui terrasse Et paralyse nos efforts.

Et nous sommes alors pareils à ce navire Qui, près du port natal où l'équipage aspire. Surpris par la bonnasse, implacable fléau. Bien qu'il largue dans l'air toutes :*es voiles blanches. Sent la mer immobile étreindre ses deux hanches Et s'arrête, cloué sur l'eau î

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