LN SOIR DE FÊTE
L'ennui toujours arrive après la fête folle.
L'ange qui te guide et te suit .
A la porte des bals te quitte et se désole , Et de ton blanc chevet tristement il s'envole .
S'il ne t'y trouve pas la nuit.
Ne va plus au théâtre, où plus d'un vice impie , Pour t'attirer à lui, te convoite et t'épie ; Où le riche insolent, bouffi d'or et d'orgueil, Salit ton chaste front de lubriques coups d'oeil ; Où le drame adultère ensanglante la scène . Où danse et rit tout nu le vaudeville obscène ; Où, pareils à des bruits échappés de l'enfer. De cris luxurieux l'entr'acte infecte l'air , Et d'où plus d'une femme, à ce contact tuée . Vierge en entrant, le soir sortit prostituée.
Ne t'éloigne donc plus de nous .
Reste, les soirs d'hiver, dans ton humble famille,
Où je viens t'aimer à genoux :
Et quand le frais printemps épaissit la charmille . Viens sourire au ciel bleu qui d'astres d'or fourmille
A nos mer^ . aux zéphyrs si doux !