‹ Le chantierChapitre 66 sur 106 · UN SOIR DE FETE · texte numérisé non relu

UN SOIR DE FETE

Aujourd'hui je suis seul à rêver sur ces bords, Et le ciel, et les flots, et leurs pompeux accords, Pour tes beaux yeux d'azur, pour tes chastes oreilles , Semblent, ô ma beauté . n'avoir plus de merveilles!

Si mon amour ne peut remplir Ta pensée et tes jours, développés si vite;

Si tu ne pouvais (.'assouplir A suivre mon destin qui dans l'ombre gravite; « Mon ange, il ne faut pas que ton orgueil évite

Le bien que tu peux accomplir.

Tu te dois au bonheur de celui qui t'adore.

Ton amour est à moi : c'est le soleil qui dore

Ma jeunesse orageuse et tout mon avenir ;

Mais, prends garde! cet astre est facile à ternir.

Dans le grand parc humain, que le trépas émonde .

Ne va pas t'abreuver des plaisirs de ce monde.

Ces plaisirs, que tu vois beaux comme nos flots bleus ,

T'apprendraient, pauvre enfant, qu'ils sont plus amers qu'eux ;

Et, sur leur mer trompeuse où la vertu naufrage,

Le bonheur, devant toi. fuirait comme un mirage.

Evite l'éclat et le bruit '

Page 1