UN SOIR DE FETE
Aujourd'hui je suis seul à rêver sur ces bords, Et le ciel, et les flots, et leurs pompeux accords, Pour tes beaux yeux d'azur, pour tes chastes oreilles , Semblent, ô ma beauté . n'avoir plus de merveilles!
Si mon amour ne peut remplir Ta pensée et tes jours, développés si vite;
Si tu ne pouvais (.'assouplir A suivre mon destin qui dans l'ombre gravite; « Mon ange, il ne faut pas que ton orgueil évite
Le bien que tu peux accomplir.
Tu te dois au bonheur de celui qui t'adore.
Ton amour est à moi : c'est le soleil qui dore
Ma jeunesse orageuse et tout mon avenir ;
Mais, prends garde! cet astre est facile à ternir.
Dans le grand parc humain, que le trépas émonde .
Ne va pas t'abreuver des plaisirs de ce monde.
Ces plaisirs, que tu vois beaux comme nos flots bleus ,
T'apprendraient, pauvre enfant, qu'ils sont plus amers qu'eux ;
Et, sur leur mer trompeuse où la vertu naufrage,
Le bonheur, devant toi. fuirait comme un mirage.
Evite l'éclat et le bruit '