DU LAZARET DE TOULON
Dans le flanc des volcans, dans le ciel teint par l'aube, Dans les soleils et dans l'amour !
Aussi, pour que le feu du génie en moi vive, Pour que ma poésie, attristée et sans fleurs, Puisse redevenir encor causeuse et vive, Pour que tout à mes yeux retrouve des splendeurs ;
Afin que mon regard à ton regard s'embrase, Afin de savourer cette divine extase, Ce nectar que l'amour autour de nous répand, A tes pieds, sous le toit où mon culte t'encense, Je reviens pour toujours, car c'est de ta présence, Ange! que mon bonheur dépend!
Pourtant, ma blanche idole ! avant de fuir ces rive-. Où j'écoute les vents pleurer sur les rescifs, Où je viens , dès l'aurore, attendre les missives Que ton amour confie à nos sveltes esquifs ;
Je veux t'y voir régner, ma belle souveraine ! Je veux que tout ici te reconnaisse reine, Que la mer à tes pieds prosterne ses flots verts ; Que les bois, sur le front de la beauté que j'aime,