‹ Le chantierChapitre 82 sur 106 · A DESIREE · texte numérisé non relu

A DESIREE

Une femme aussi pauvre et plus pure que moi ; C'est qu'aux festins du cœur sa beauté me convie, C'est que le ciel lui-même a béni notre foi.

Elle ne naquit pas clans ces nobles familles Où, dès qu'il point, l'orgueil tue un amour fervent; Elle ne naquit pas parmi ces pauvres filles Qu'une mère cupide à l'or d'un riche vend.

Le ciel entre mes mains la remit orpheline. Depuis, mon cœur l'adore et mon bras la défend, Et c'est pourquoi mon front, que la pensée incline, Passe, au milieu de vous, serein et triomphant.

Cet ange, c'était vous, et c'est à vous qu'on pense Quand mon vers prend l'essor, tout palpitant d'espoir ; C'est de vous que j'obtiens la sainte récompense De mon labeur du jour et de mes chants du soir.

Et je reste maçon, bien que chacun me dise Que Dieu me destinait un rôle moins obscur, Parce que dans vos bras l'amour m'emparadise, Parce que loin de vous mon ciel serait moins pur.

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Et nou? vivons heureux. Dieu nous donne la vie; Notre travail, du pain ; l'amour, des voluptés ; Et notre seul espoir, notre vœu, notre envie, C'est de rendre au bonheur nos frères attristés.

Et quand, tourné vers l'or comme l'aiguille au pôle, 0 monde ambitieux, tu souffres et te plains ; Quand sous un faix de maux tu voûtes ton épaule, Nos deux cœurs seuls, d'amour et de bonheur sont pleins.

L'entendez-vous rugir dans le flanc des nuages, Comme un lion blessé dans ses antres sauvages'.' Chaque cri qu'elle jette émeut comme un tocsin. Le génie infernal, qui préside aux tempêtes. Pose ses doigts de feu sur ses cordes muettes, Et de la mer, l'effroi gonfle et glace le sein.

Tandis que l'éclair fend le ciel, qu'il incendie. Verse-nous par torrents ta grande mélodie. Harpe aux cordes de fer ! les vagues et les bois Courbent a ton aspect leur crinière mouvante.

Et tu montes leur voix qui vibre d'épouvante Au diapason de ta voix!

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