MOKT MANŒUVRE AU SERVICE DES M A Ç O
Mort ! dites-vous. Trente ans de glorieux services, Une âme que jamais n'ont gangrené les vices, Un front mâle voûté par quatre-vingts hivers, Rien n'a donc pu sauver sa tète vénérée? Oh ! laissez-moi rêver sur sa tombe ignorée, Laissez-moi l'arroser de larmes et de vers!
Kien n'a pu le sauver, l'homme que la mitraille
A GUILLAUME CLOOARECK. 24Ô
Épargna mille fois sur le champ de bataille. Nous, qui de son trépas sommes les seuls témoins. Revêtons-nous du deuil que le respect inspire. De ce beau monument qu'on appelait l'Empire. Encore une pierre de moins !
Combien nous chérissions ce nouveau Bélisaire ! Nous entourions de soins ses vieux jours, sa misère. Dans nos poudreux chantiers, sur le gravois assis, Bien des fois du travail nous laissions passer l'heure, Car nous sentions grandir notre cœur, qui le pleure. A ses héroïques récits.
Nous aimions ces récits jusqu'à l'idolâtrie :
Ils exaltaient en nous l'amour de la patrie.
11 nous semblait le voir escalader les monts !
Et, quand il racontait ses batailles navales,
Tous ceux qui l'écoutaienl pleuraient, par intervalles,
Les marins dont le corps dort sous les goémons.
Puis il croyait ouïr le choc lointain des armes.
Il tressaillait. Ses yeux se remplissaient de larmes.
Ses lèvres murmuraient : Hoche! Napoléon'.
El puis il embrassait, dans la chambre sonore.