‹ Le chaos et l'harmonie universelleChapitre 32 sur 41 · TOTALISATION DES COUPS ET ÉCHELLE · texte numérisé non relu

TOTALISATION DES COUPS ET ÉCHELLE

La loi des grands nombres, nous venons de le voir, n'a aucun intérêt du moment qu'il s'agit d'un coup isolé, d'un phénomène qui se passe une seule fois dans le monde sans être soumis à aucune loi physique. D'autre part, s'il s'agit de phénomènes successifs, dont chacun se passe à son tour, comme dans le cas du jeu de pile ou face, la totalisation des coups ne présente pas d'intérêt, sauf si un homme, ou un être vivant qui dure, s'occupe de l'effectuer et d'en tirer parti, ce qui arrive par exemple dans les compagnies d'assurances.

La totalisation des coups présente un intérêt général beaucoup plus considérable s'il s'agit d'un grand nombre de phénomènes synchrones, dont chacun, séparément, n'est

régi par aucune loi, mais dont l'ensemble peut jouer un rôle actuel dans le monde.

J'ai longuement étudié ailleurs^ l'intérêt immense que présente, pour l'histoire de révolution des espèces, la totalisation des activités cellulaires dont l'ensemble constitue l'activité vitale d'un animal supérieur comme l'homme. J'ai montré que si l'on peut appliquer aux éléments de l'échelle cellulaire le langage darwinien qui laisse une place au hasard dans l'histoire de chaque cellule, le phénomène d'ensemble qui résulte de la synthèse de tous les phénomènes élémentaires, le fonctionnement de l'homme, ne peut se raconter que dans le langage lamarckien. J'ai même été conduit à reculer jusqu'à l'échelle particulaire, au-dessous de l'échelle cellulaire, le langage des darwiniens et à ne laisser de prise au hasard que dans l'histoire des plus petites unités vivantes de dimension protoplasmique ou colloïde, la cellule étant déjà un mécanisme organisé.

Je ne reviens pas ici sur cette question dans laquelle cependant se trouve un bel exemple de ce fait remarquable : chaos à l'échelle inférieure, lois rigoureuses à l'échelle supérieure. J'aime mieux m'attacher à l'étude plus simple d'un phénomène physique qui ne présente pas, comme le phéno-

Page 1