‹ Le chapitre de la toilette comedie en un acteChapitre 17 sur 31 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

CHAPIZOT, LYDIE, puis BONACHON.

BONACHON, entrant tout bouleversé *./

Une chaise ! un verre d’eau ! un verre de madère !

CHAPIZOT.

Mariett ! un verre d’eau I mais qu’as-tu donc ? (Mariette sort.)

BONACHON, s'asseyant.

Ah! m n ami il y a des femmes qui ne méritctit pas la

réputatio qu’on leur fait... et qui sont indignes de la confiance queleur maris leur témoignent...

LYDIE, à part.

Que veiil-il dire?

BONACHON, continuant.

Elles SC livrent à des dépenses folles pour leur toilette....

elles veulent briller avant tout éclipser leurs amies, lutter

d’élégance avec des femmes qu’elles rougiraient de saluer, et il arrive un Jour où, à l’insu du mari, elles sont réduites à faire des dettes...

CHAPIZOT.

Des dettes!

LYDIE, à'part.

Je suis trahie!

CHAPIZOT.

C’est monstrueux!

BONACHON.

Oui... des dettes !.. je connais une de ces femmes-là !

LYDIE, suppliant.

N’achevez pas, Monsieur?..

BONACHON.

Non, Madame, je dirai tout... et cette femme, c'est...

CHAPIZOT.

C’est?..

BONACHON.

Madame Bonachon !

LYDIE, avec surprise.

Madame Bonachon !

BONACHON, se levaat.

Tiens! lis la lettre qu’elle vient de m’envoyer, à l’in§taa même, à mon bureau

CHAPIZOT, lisant.

« Mon petit bonbon *^... »

BONACHON.

C’est une abréviation de Bonachon.

CHAPIZOT, continuant.

«Tu sais que j’ai toujours été une femme raisonnable... » ^Pa^lé.) Quel aplomb! (continuant.) « Mais, cependant, j’;ii un « aveu embarrassant à te faire : j’ai contracté, envers un de « mes fournisseurs, une petite dette... »

LYDIE, à part.

C’est singulier!

CHAPIZOT, oontinuaat.

« Et mon créancier me persécute pour être payé aujourd’hui

« m^ie je n’ai d’autres ressources que de m'adresser à toi,

« le meilleur des hommes, le plus indulgent des maris...»

LYDIE, à part.

Je crois deviner.

CHAPIZOT, »’int«prompant.

Et autres càlineries à l’usage des femmes dans l’embarras... (Usant.) « P.-S. Tu remettras les mille francs dont j’ai besoin à « madame Chapizot... » (parlé.) A ma femme?..

' LYDIE, & part.

Bonne Germaine) elle s^est dévouée pour moi...

CHAPIZOT.

Comment, tu savais?..

LYDIE, troublée.

En effet, je...

CHAPIZOT, l’interrompant.

N’achève pas, tu n’as pas voulu révéler les torts de ton amie... c’est d’un noble cœur!., (a Bonachon.) Ah! si ma femme m’avait joué un tour pareil, je l’aime, je l’adore, mais je la ferais enfermer dans une maison de correction jusqu'à l’àge de soixante-dix ans !

LYDIB.

Par exemple !

BONACHON.

Oh ! ma pauvre Germaine, tu n’y penses pas... Tu n’as pas lu la fin de la lettre? (U ta prend des mains de Chapizot, et la lit.) s( J'es-

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