‹ Le chapitre de la toilette comedie en un acteChapitre 21 sur 31 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LYDIE, BONACHON, puis CONTRAN *.

LYDIE, avec impatience, à Bonachon.

Eh bien! Monsieur?

BOINACHON.

Je vous comprends. Madame, vous êtes aussi impatiente que moi de payer cette dette...

LYDIE

Oh! oui, bien impatiente...

BONACHON, lui donnant le billet.

Voici les mille francs... Oh! je ne vous demande pas le secret de Germaine... Payez, .Madame, payez, et surtout ne la grondez pas.

LYDIE

Soyez tranquille, je ne lui ferai pas de reproches, (eiic prend son chapeau, k part.) Ah! si tous les maris lui ressemblaient! (Elle se dispose à sortir, Contran paraît au fond '*.)

CONTRAN.

Vous sortiez, ma tante?... Ah! vous resterez, je veux que vous soyez témoin de ma joie, de mon bonheur... (Montrant Bonachon.) Joignez-vous à moi pour remercier Monsieur... Je viens d’apprendre, par madame Bonachon, qu^il consent à me donuer sa fille.

LYDIE

Ah! ça ne m’étonne pas de sa part.

BONACHON.

Que voulez-vous, ces pauvres enfants, ils s’aiment!

CONTRAN.

Ah! je suis trop heureux, et je crains toujours qu’il ne me tombe une tuile sur la tête!... (a Lydie.) Je vais, aès aujourd'hui, m’occuper, avec vous, de la corbeille.

LYDIE, impatientée.

Certainement... mais plus tard.

BONACHON.

A une condition, c’est que tu ne feras pas de folies.

CONTRAN, ayec fierté.

Laissez-moi faire... j’ai quatre mille francs d’économie, et, grâce aux conseils de ma tante, Je pourrai faire bien des chose.s avec mes quatre mille francs... Du reste, voici la note convenue avec madame Bonachon; et elle s’y entend, madame Bonachon 1

BONACUON.

Voyons cette note.

CONTRAN.

Rassurez-vous, rien n’y manque. (Lisant sur l’épauIe de Bonachon.) « Dix robes de soie, deux robes de velouts... une pointe en dentelle, trois cachemires de l’Inde...»

LYDIE, A part.

Tout cela pour quatre mille francs !

CONTRAN, continuant.

« Une broche en diamants, deux bracelets... comme celui du ma tante... six mouchoirs brodés... »

LYDIE, I part.

Germaine est folle !

CONTRAN.

Etc., etc.

Bonachon, qui a calculé pendant cette lecture.

Total : quinze mille francs.

CONTRAN.

Quinze mille francs! diable! diable! il m’en manquera unze.

bonachon.

Non, Contran, il ne te manquera rien... car tu vas aller frouver ma femme avec cette note... et tu lui diras que, te voyant dans l’impossibilité de dépenser cette somme, tu refuses la main de ma (llle.

LYDIE

Oh ! monsieur Bonachon !

CONTRAN.

Je n’oserai jamais !

BONACHON, aiee résolution *.

Eh bien ! j’irai avec toi... Quand il ne s’agissait que de moi, j’ai pu être faible... mais, dans ce moment, il s’agit du bonheur de ma fille, de celui de Contran, et je montrerai du caractère.

CONTRAN, à part.

J’étais trop heureux, la tuile est tombée.

BONACHON.

Viens-tu ? tti verras que j’aurai du caractère, (a soit en entraU

uani Contran.)

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