LA SUPPRESSION DU CHAPITRE DE NOTRE-DAME
. Les Biens du Clergé mis à la disposition de la Nation. Atteintes au y droits du Chapitre. Cérémonies à Notre-Dame. Visite du Roi et de la Reine. Déclarations générale et partielles des Biens du Chapitre. Les chanoines et le décret du 13 novembre 1789.— II. La Religion d'État. Déclaration du Chapitre. Ses députés à l'Assemblée nationale. Protestations et Procurations des Chapitres du Royaume.'L'émeute envahit le Cloître. —III. La suppression du Chapitre. La Constitution civile du clergé. Nouvelle déclaration pour fixer la pension des chanoines. Chapitre du 17 novembre. Protestations. Dire de M. de Montdenoix. Formalités remplies par les Officiera municipaux. Dernière messe capitulaire. Dernier chapitre. — IV. Les Inventaires. Opérations des Officiers municipaux à Notre-Dame : orfèvrerie, ornements, mobilier. Apposition des scellés sur la Bibliothèque. Confiscation du sceau capitulaire. Conclusion.
Entraînée par l'audace de ses prétentions , encouragée aussi par la violence des mouvements populaires, qui se produisirent à ses portes pendant les dernières séances, l'Assemblée nationale se devait d'accélérer le plus possible la spoliation de l'Eglise de France et la ruine de la Religion catholique. Bien que le décret du 2 novembre ne supprimât pas les chapitres, nous faisons cependant dater de cette époque la fin de celui de Paris.
N'était-ce pas pour lui déjà l'agonie, que de se voir dépouiller de ses immenses richesses et de ses droits si étendus, dont les revenus lui permettaient de soutenir la majesté du culte et les nombreuses fondations, dont il avait la charge? Un Chanoine, une Dignité, allait devenir « un salarié »! La Constitution civile du Clergé ne fera que consommer l'œuvre du décret du 2 no-
vembre. Voici le Chapitre de Paris arrivé à ses derniers jours : ces pages vont raconter l'histoire de sa mort!
Deux faits, qui n'étaient que trop significatifs, vinrent lui apprendre, dès les premiers jours qui suivirent la promulgation du décret, dans quel état d'esprit on était à son égard : l'un l'atteignait comme propriétaire, l'autre comme justicier. C'était attaquer ses deux titres les plus honorables.
Les habitants de Sucy-en-Brie, objet de la part du Chapitre d'abondantes charités durant le terrible hiver de 1789, s'étaient montrés peu reconnaissants à l'égard de leur bienfaiteur : « 11 se répand le bruit, écrivait Hardy dans son Journal à la date du 13 janvier- 1789, que Messieurs des Doyen, Chanoines et Chapitre de l'Eglise de Paris, sollicités par le curé de la paroisse de Sucy, dont ils ont la seigneurie, de lui procurer les moyens de soulager les habitants, pour lesquels il ne pouvait plus absolument rien faire ayant épuisé toutes ses ressources, et ces ecclésiastiques presque tous riches ayant borné leur générosité à envover soi-disant quatre louis d'or, qui n'avaient pas été acceptés par le curé, les habitants du voisinage aussi mécontents de ces Messieurs qu'ils avaient lieu d'être satisfaits de la libéralité de plusieurs autres seigneurs du canton, auraient fourragé les bois et autres biens appartenant au Chapitre. »
La prétendue avarice des chanoines n'était qu'un prétexte : le décret du 2 novembre en fut un autre. Quand les habitants de cette même paroisse apprirent que les Biens ecclésiastiques étaient à la disposition de la Nation, ils recommencèrent leurs pillages au point que le Chapitre dut requérir auprès de Bailly l'aide de la force armée pour faire respecter ses propriétés. Celuici en référa à M. de la Faj'ette, le 13 novembre : « Le Chapitre de l'Eglise de Paris se plaint, Monsieur le Marquis, de la dévastation des bois qui lui appartiennent à Sucy-en-Brie ; il demande que pour l'empêcher on lui accélère un détachement de la garde de Paris; je ne sais si cela ne contrarierait pas vos dispositions et je m'adresse à vous pour vous demander s'il est possible de faire à Sucv ce que Ton fait à Yincennes1. Indépendamment de
1. Les dispositions prises pour les bois de Yincennes et de Boulogne étaient en