‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 103 sur 130 · ETAT DES ESPRITS · texte numérisé non relu

ETAT DES ESPRITS

l'intérêt du Chapitre, il y en a un qui peut vous déterminer à

employer des forces pour arrêter ces excès. Les bois des environs de l 'a ris sont une ressource intéressante pour l'approvisionnement de cette ville : si on les dévaste, on causera à Paris un préjudice très considérable; ainsi, Monsieur le Marquis, si la chose vous est possible, je crois qu'il sera fort utile, en venant au secours du Chapitre, d'assurer les ressources de la ville de Paris1. » La Fayette répondit deux jours après qu'il pensait comme le Maire de Paris et qu'il allait communiquer sa lettre à l'aide-major chargé du service de l'arrondissement de Paris, afin qu'il prenne toutes les précautions pour arrêter ces désordres , « s'il peut le faire toutefois, ajoute-t-il, sans nuire au service de la capitale 2 ».

En même temps le Chapitre voyait ses droits de justice lui être disputés au siège même de sa plus haute juridiction à Paris. Le vendredi 20 novembre, le Lieutenant du Bailliage de la Barre du Chapitre, M. Cothereau, apprend par l'huissier Fauveau qu'un particulier est tombé des tours de Notre-Dame devant la porte principale, lieu situé dans la juridiction capitulaire. Cothereau, usant du droit que lui confère sa fonction, donne l'ordre de faire

toul ras fort insuffisantes, caries réclamations pleuvent sur le Bureau de la Municipalité pendant tout l'hiver suivant et les mesures restent à chaque fois inefficaces.

1. Cfr. Correspondance de Bailly et de La Fayette. Bibliothèque nationale. Mss. F. fr. n. 11697, fol. 11 recto.

i. Les relations entre le Chapitre et les habitants de Sucy devinrent moins tendues, presque amicales. Quelque temps après les actes de dévastation, dont nous parlons, le Chapitre recul communication 'l'une délibération de la municipalité de Sucy demandant aux chanoines de se servir pour ses réunions de la salle de l'Auditoire et de lui laisser la vérification des poids et mesures. En retour, elle assurait Messieurs - du zèle et de la surveillance qu'ils des habitants) ue cesseraient d'avoir pour tout ce qui peut intéresser le Chapitre ». Cette protestation de fidélité, qui ressemblait de bien près a un acte de contrition, fut fort bien accueillie des chanoines, et ils décidèrent •• de témoigner à MM. les .Maire et Officiers municipaux du bourg de Sucy leur satisfaction de l'intention où ils sonl de défendre imites les propriétés et de maintenir le bon ordre et la police, les assurant que, dans tous les temps, ils ont cherché à donner aux habitants de Sucy des preuves de leur affection ».A de si beaux gages de pardon, les chanoines ajoutèrent la permission de se servir de l'Auditoire et la cession des poids et mesures. Concl. ca/iii. du 20 mars 1790. Orly obtint les mêmes avantages le 17 mai suivant. Le Chapitre, par conclusion du 29 janvier 1790, avait voti la somme de 150 1. . peur l'atelier de charité, établi à Sucy peur le soulagement des pauvres.

transporter le cadavre à l'Auditoire pour dresser procès-verbal ; quand au même moment, le sieur Durand, président du District, arrive avec des fusilliers et, sous prétexte que c'est un fait de police, donne des ordres pour qu'on conduise le corps à la caserne. « Ce que ne pouvant empêcher, dit Cotliereau dans son procès verbal, nous nous sommes retiré à l'effet de dresser le présent acte sous toute protestation et pour la conservation des droits à qui il appartiendra. »

Chaque jour les embarras se multipliaient pour le Chapitre, chaque jour un de ses droits était menacé, un de ses privilèges violé. Le refus de payer les dîmes, opposé aux fermiers du Chapitre à l'époque de la moisson, que nous avons signalé au chapitre précédent, lui suscita de nouvelles difficultés. Malgré la décision capitulaire du 5 août, qui maintenait les fermiers dans tous leurs droits , plusieurs localités persistèrent dans leurs prétentions. Xous avons dit que Chevilly était du nombre. Son curé, voyant la Saint-Martin passée, époque où il devait recevoir son gros du fermier, adressa ses réclamations au Chapitre dans les premiers jours de janvier 1790. Sa demande fut nécessairement bien accueillie et le Chapitre donna ordre à son receveur général de payer au curé de Chevilly, selon l'estimation du prix des halles de Paris au jour de la Saint-Martin , les dix-neuf septiers de grains qui lui étaient dus, les deux tiers en blé tel que de dime, le reste en avoine [.

Au milieu de ses graves soucis , le Chapitre reçut cependant quelques consolations, on peut même dire certains honneurs, de ceux mêmes qui devaient le plus travailler à sa ruine et consommer bientôt sa suppression.

Le 25 janvier, M. le Doyen réunit extraordinairement après les vêpres le Chapitre, pour lui rendre compte qu'un officier de l'État-Major de la Garde nationale de Paris était venu le prévenir

1. Concl. capit. du 18 janvier 1790. — En ce même mois, le Grenier à sel refusa catégoriquement de délivrerai] Chapitre la provision de sel qu'il avait coutume de donner pour les frais de l'Obit sale. Au chapitre général de la Chandeleur, il fut décidé qu'on distribuerait a Messieurs la somme que le Chapitre versait ordinairement au Grenier à sel pour la délivrance des quatre-vingt-seize iiiinots.

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