‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 15 sur 130 · Cfr. Arsène Houssaye, Notre-Dame de Thermidor, p · texte numérisé non relu

Cfr. Arsène Houssaye, Notre-Dame de Thermidor, p

qui étaient, en 1790, MM. Pierre Larsonnier et Jean Mortier. Ces quatre ecclésiastiques formaient un petit clergé à part ayant une mense, qu'ils administraient eux-mêmes et dont ils se partageaient les revenus d'après une proportion déterminée. Elle comprenait : 1° le fief, dit de Garlande, dont la glèbe consistait en soixante-quinze maisons ou dépendances, savoir vingt-neuf rue Galande à partir de la portion de cette rue qui fait face à celle du Fouarre jusqu'à la rue des Anglais; douze dans la rue des Anglais du côté de la rue du Plâtre; dix dans la rue des Noyers derrière celle du Plâtre; vingt-quatre dans les deux côtés de cette rue à partir de la rue des Anglais. Ce fief produisait en cens et rentes 234 1. 9 s. 6 d. et en lods et ventes 2.131 1. 17 s. 8 d. ; — 2° deux parties de rentes de 165 1. 10 s. Ce qui faisait un revenu de 2.531 1. 16 s. 14 d. Comme les charges ne s'élevaient qu'à 28 1. 18 s. pour les frais de la fête de Saint-Aignan et 10 1. pour l'entretien de la chapelle, il restait donc 2.503 1. 16 s. 14 d. que les quatre bénéficiers se partageaient entre eux : les deux chanoines en prenaient chacun un tiers, les deux vicaires chacun un sixième.

Les deux vicaires de Saint-Aignan avaient le droit d'assister au chœur et par conséquent de toucher les distributions manuelles. Ils nous ont laissé chacun un compte détaillé des honoraires, qui leur étaient versés par la caisse du Chapitre. Nous reproduisons ici celui de M. Larsonnier; il nous donne des renseignements intéressants sur les émoluments d'un bénéficier et en même temps sur les offices et cérémonies en usage à Notre-Dame.

1 Honoraires des Offices du jour, à raison de 46 sols

par jour 839 1. 10 s.

2° Honoraires des Offices de nuit, à raison de 21 sols 6 d.

par Matines 392 1. 7 s. 6 d.

3° Loyer de la maison dépendant du bénéfice 360 1.

4° Produits du fief de Garlande 230 1.

5° Fondations au chœur de Xotre-Dame 180 1.

6° Six septiers du plus beau froment 144 1.

7° Pour tenir nuit et jour le chœur et chanter la grand"-

messe 41 jours par an 86 1. 13 s. 4 d.

BËNÉFICJERS ET GAGISTES. H

8° Pour assistance à 50 messes de Morts, dites messes des Méreaux 80 1.

9° Stations des veilles, jours de fête et dimanches soir et matin 39 1.

10° Honoraires pour assistance aux offices de la fête de Saint- Aign an 24 1.

11" 24 messes basses acquittées annuellement 24 1.

\J 21 processions, pour lesquelles on reçoit 12 sols à chacune; celle de Saint-Germain se payant double, il faut compter 22 processions 13 1. 4 s.

13° Pendant les 0 de l'Avent, il y a chaque jour de la bougie distribuée ainsi que le jour de la Purification, où l'on donne un cierge; cette cire est fondée et monte au poids de 4 livres; la cire est la plus belle, on peut l'évaluer à 3 1. 4 s. ce qui fait , 12 1. lGs.

14° Le jour de Saint-Aignan, le Chapitre de ladite église de Saint-Aignan est obligé de me donner une livre de bougie 3 1. 4 s.

15° Chaque jour, à la grand'messe, il y a un Mémento de fondé à raison de 8 s., ce qui fait par an 141") 1. Cette somme se partage en neuf, dont j'ai le neuvième 15 1. 4 s. 3 d.

16° Il y a dans le courant de Tannée 5 Mémento, auxquels il y a 12 s. à chacun d'eux, indépendamment des 8 sols ordinaires : cette somme se partage aussi en neuf, ce qui fait 3 1. 13 s. 3 d.

17" Les 27 et 28 septembre, il y a deux messes, l'une de Saint-Côme, et l'autre des Morts (à prendre sur le trésor de Notre-Damei 4 s.

18° 11 y a par an une messe de fondée à Saint-Jean le Rond, trois à Saint-Denis du Pas et une à la chapelle Sainte-Anne. Le vicaire de Saint-Aignan a droit d'y assister et chaque corps respectivement est obligé à lui donner une rétribution; laquelle distribution pour les cinq messes est de 5 1. 12s.

19° Tous les jours, avant la grand'messe, on chante dans la nef Y Ave Regîna; au bout de l'année, chacun reçoit du Chapitre 3 1. 1G s.

20° Tous les jours annuels et solennels mineurs, il y a à prendre sur la Mense de l'Archevêque une somme qui donne à cbacun 4 1. 15 s.

21° Tous les samedis, veilles des fêtes annuelles et de la Vierge, on chante après Vêpres un De pnofundis devant l'autel de la Vierge 61.

Total 2.813 1.19 s. 4 d.

Ces différents revenus, payés tant par la caisse du Chapitre que perçus sur la Meuse de Saint- Aignan, s'élevaient à la somme approximative de 3.000 1. A entendre M. Larsonnier, qui voulut sans doute imiter les vicaires perpétuels dans leurs récriminations, le second vicariat de Saint-Aignan aurait été le plus petit bénéfice. Il basait ses doléances sur ce fait que ce seul bénéficier n'était pas logé. En 1765,- il se plaignit même si fort que le Chapitre, pour le faire taire, dut l'envoyer au séminaire. C'est lui-même qui nous le raconte l.

Les deux chapellenies de Saint-Aignan et de Sainte-Catherine2 étaient des bénéfices peu importants, attachés au Chapitre et dont les titulaires sous-diacres pouvaient être assimilés aux autres chapelains.

Ceux-ci étaient au nombre de cent cinquante-six; ils étaient presque tous à la nomination du Chapitre 3 et avaient le droit d'assister au chœur de Notre-Dame. De fait, comme leur service était peu chargé et par conséquent compatible avec des fonctions ecclésiastiques plus importantes1, ils étaient en fort petit nombre aux offices canoniaux; en 1789, le Chapitre dut même recourir au séminaire de Saint-Marcel pour avoir les jours de fête les six induts réglementaires, office ordinairement rempli par les chapelains 5. Cinquante-sept d'entre eux formaient une confrérie, appelée l'Ancienne et la Nouvelle Communauté, qui

1. En 1790, M. Larsonnier était devenu premier vicaire de Saint-Aignan et possédait à ce titre une petite maison rue de la Colombe, qu'il louait 360 1. M. Larsonnier était un original : dans la Déclaration de son bénéfice, il compte qu'il lui rapporte par jour 7 1. 11 s. et il demande au Comité d'ajouter à son revenu annuel le quart de cette somme pour compenser le jour supplémentaire des années bissextile». Arch. Nal. S. 160.

-,'. Le chapelain de Saint-Aignan. M. Jean Quentin, recevait du Chapitre 110 I. pour son gros et 1.100 1. pour assistances aux offices, et celui de Sainte-Catherine, M. Albert Varlet, de Soissons, recevait du Chapitre 36 1. pour son gros et la même somme que son confrère de Saint-Aignan pour les assistances. Arch. Nat., S. 160, 7051 et 7052.

:!. M. le Trésorier de la Sainte-Chapelle nommait à la Chapellenie de Saint-Martin et Sainte-Anne et M. de Vilevault. maître des requêtes, à celle de Notre-Dame.

4. Certains chapelains n'avaient qu'une messe ou deux à acquitter par année: d'autres n'avaient pas même de revenus, comme on le verra dans le tableau que nous donnons plus loin.

ô. Concl. cap.. 3 janvier 1789. Arch. Xat. LL. 232 w.

rÉNÉFICIERS ET GAGISTES. U

datait de 118G, et à la tète de laquelle était placé un chapelain, appelé ('Ancien. Tous les vendredis et samedis de Tannée, ils s'assemblaient, à sept heures du matin, dans la chapelle de Saint-Barthélémy et de Saint-Vincent et ils y psalmodiaient rOflice des Morts dans le temps qu'on célébrait deux messes basses '.

Cette communauté avait des biens particuliers et une caisse spéciale administrée par elle, mais sous la surveillance du Chapitre 2.

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