‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 26 sur 130 · Aujourd'hui rue Massillon · texte numérisé non relu

Aujourd'hui rue Massillon

5. La maison de M. Brémont était contiguë à la Maîtrise puisque le Chapitre ui permit d'ouvrir une fenêtre sur la cour des enfants do chœur.

de Périgny (n° 29), du nom du chanoine qui l'abandonna au Chapitre, et qui était louée alors à différentes personnes. En descendant ensuite vers la porte des Marmousets, nous avons à gauche les deux maisons bénéficiales des curés de Saint-Jean le Rond (n° 27 et n° 28) *, derrière lesquelles se trouvait celle de M. du Pinet (n° 26) ; enfin, la dernière sur le même côté avant la porte, celle de M. Gatignon (n° 25). On était souvent en querelle sur ce côté de la rue des Marmouzets : la maison de Périgny logeait des poules et des coqs, dont les voisins avaient souvent à se plaindre, et nous avons dit les difficultés soulevées entre M. du Pinet et M. Gatignon à propos du belvédère, du mur mitoyen, etc.

En nous éloignant de la porte des Marmouzets, sur notre srauche dans la même rue, nous trouvons d'abord les deux maisons d'Etienne de Garlande, attenant à la petite chapelle de Saint- Aignan. Ces maisons, rangées parmi les maisons bénéficiales, parce qu'elles ne pouvaient être séparées des bénéfices de Saint- Aignan, étaient la propriété de chacun des chanoines du même titre : le n° 24 appartenait à M. Duchesne et le n° 23 à M. Chevalier. Puis nous passons devant les maisons de M. Viet de Yillers (n° 22), de M. Radix (n° 21), de M. Camiaille (n° 20), de AI. du Authier (n° 19), de M. des Plasses (n° 18) 2, de M. Lucas (n° 17), de AI. du Alarais (n° 16).

Le grand bâtiment, situé au fond d'une étroite ruelle à gauche, et donnant sur le Carré du Pont-Rouge (n° 15), était appelée la Communauté des Chantres. Une vraie cité ! Nous y trouvons logés les clercs de Matines, les Machicots, les bénéficiers diacres et sous-diacres, un chanoine de Saint-Aignan. AI. Chevalier, le sous-agent des affaires, M. Le Roy, différents locataires aux quatrième et cinquième étages. Le Grand Chantre qui a la surveillance de la Communauté, a fort à faire pour régenter cette petite république. On apprenait souvent que, à la Communauté, il y avait

1. Nous ne pouvons admettre comme emplacement de ces maisons celui indiqué sur la carte publiée par M; Chartier dans son ouvrage L'Ancien Chapitre de Notre-Dame et sa Maîtrise.

2. A la maison de M. des Plasses étaient annexés cinq arpents de terre à Orly. Cfr. Arch. Xat., S. 160. Attestation de François Halle, laboureur, du 14 octobre

eu des disputes, des rixes, des prises de corps, qui parfois nécessitèrent l'intervention de la Garde.

Afin d'éviter les excès et les occasions de conteste, on avait impose au cuisinier-traiteur, M. llanquetin, un règlement des plus restrictifs. 11 devait exercer en personne sa profession, servir aux bénéfîciers et gagistes, logés ou non dans la Communauté, des portions aux prix en usage, depuis onze heures et demie jusqu'à deux heures pour le dîner et depuis sept heures jusqu'à dix heures pour le souper. A cette heure, le réfectoire devait être régulièrement fermé. Il était interdit d'y chanter et d'y toucher des instruments. Le traiteur ne pouvait faire crédit au delà de 24 livres; il s'engageait par écrit à ne pas poursuivre les bénéfîciers et gagistes, qui lui devraient une somme supérieure.

Par la rue des Chantres on accédait à une petite place située dans le Cloitre et donnant, par la porte dite de l'Ane-Royé, sur le Carré du Pont-Rouge. Elle était fermée, du côté de la rivière, par les maisons bénéficiales de Saint-Denis du Pas, affectées aux chanoines-prêtres de cette église.

L'autre côté de la rue des Chantres, c'est-à-dire à gauche en revenant vers l'intérieur du Cloitre, était occupé par la maison de M. de Montdenoix (n° 10)1, puis par la maison de M. Couet (n° 9) , laissée au Chapitre par le chanoine de ce nom et administrée comme la maison de Périgny. Cet immeuble, dont le plan est conservé aux Archives Nationales, était fort important; il se composait de quatre grands corps de bâtiments, d'autant de cours et allait jusqu'à la rivière. A l'angle de la rue des Chantres, on voyait une tourelle en encorbellement d'un fort joli aspect. M. Couet, ancien chanoine de Saint-Germain l'Auxerrois, puis successivement chanoine titulaire et honoraire de Notre- Dame, était encore survivant en 1790 : le Chapitre lui payait pour sa maison une rente viagère de 5.000 livres et devait verser 1.500 livres à ses héritiers. Nous trouvons dans cette maison

1. La maison de M. de Montdenoix devait être en face la maison n° '.). car, dans une Conclusion de 1782, nous voyons le Chapitre se plaindre que l'eau du comble de la maison de M. de Montdenoix. située dans la rue conduisant à la Communauté, détériore la façade de la maison de M. du Marais.

plusieurs personnages connus : MM. Gatignon, de Montdenoix, frère du chanoine, l'évêque de Babylone, le fameux Mirodon, M. de la Fresnaye, Mlle de Dampierre, M. Pringot, chanoine de Saint-Merry et chapelain de Notre-Dame.

Toutes les maisons, qui continuent à gauche la rue dite Chanoinesse, ont sur la Seine de superbes jardins, qui en font les demeures les plus agréables du Cloître; elles appartenaient à M. de Champigny (n° 7), M. Delon (n° 6), M. de Vienne (n° 5), M. de Bonneval (n°4), M. de Montagu (n° 3), et M. de Tilly-Blaru (n° 1 bis). Cette dernière était d'un accès assez difficile; aussi obtintil du Chapitre qu'un réverbère serait allumé dans la rue jusqu'à trois heures du matin pour lui permettre de rentrer chez lui de Matines. Devant cette maison et non loin du chemin qui conduisait à l'abreuvoir *, se trouvait la quatrième maison bénéfieiale de Saint-Denis du Pas (n° 2) ; elle était louée à M. Duehesne, chanoine de Saint-Aignan.

A l'extrémité sud-est du Cloitre se trouvait un jardin appelé le Terrain 2 : nous verrons plus loin qu'il était le chef-lieu d'un fief jadis fort célèbre. Le Terrain, dont les arbres dépérissaient depuis longtemps, avait été replanté en 1770, et son jardin fut, la même année, dessiné par M. Magu. C'était un square charmant pour les habitants du Cloitre et pour les enfants de chœur, qui chaque jeudi venaient y prendre leurs ébats. Il était gardé par un concierge, qui avait en même temps la manutention des bains publics qui se trouvaient au bas de la terrasse : « il doit maintenir la plus exacte décence et empêcher la natation et supprimer toutes les dispositions qui pourraient la faciliter)).

Entre la rue Chanoinesse et la rue du Chapitre se trouvait un groupe de maisons, qui formaient comme un îlot au milieu du

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