‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 27 sur 130 · L'abreuvoir fut rétabli en · texte numérisé non relu

L'abreuvoir fut rétabli en

1. Vers 1784, les terrasses de ces cinq dernières maisons menaçaient ruine ; le Chapitre décida de les faire rétablir à frais communs avec leurs propriétaires, comme c'est l'usage pour les maisons qui font clôture. Une conclusion capitulaire de cette même année nous donne de précieux renseignements sur cette partie extrême du Cloitre : « Sur le rapport fait que M. Moreau, architecte de la ville, serait venu en lad. qualité pour projeter sur le lieu même l'alignement demandé au Bureau de la Ville pour la reconstruction du mur de terrasse de M. le Doyen ; que d'après examen

LE CLOITKE. Tl

Cloître. Il comprenait cinq maisons, du n ' 40 au n° 44, appartenant respectivement à MM. Le Blanc, du Bois-Basset, de Beaumont d'Autichamp, Chevreuil et Riballier '.

Notre visite du Cloître se terminera par l'étude d'un ensemble de constructions, accolées au côté gauche du chevet de Notre- Dame et comprenant le Chapitre, le Petit-Goitre, le cimetière et l'église de Saint-Denis du Pas, et un petit logis habité par M. Delon, chanoine (n° 45).

Le « Chapitre » était un grand corps de bâtiment dans lequel étaient centralisés tous les services de l'administration capitulaire. Le rez-de-chaussée se composait de deux grandes salles : la première, donnant directement sur le Cloître en face du puits, s'appelait l'Auditoire. C'est là que le Chapitre exerçait ses droits de justice par son Bailli ou Chambrier-lai et que le Grand-Chantre jugeait les cas ressortissant à sa juridiction. On y entrait par une porte donnant sur la rue du Cloître, en face l'entrée principale et auprès du Puits. La seconde pièce était la salle capitulaire, appelée spécialement « le Chapitre ». Pour y accéder du Cloître, on franchissait une petite porte à droite de l'entrée de l'Auditoire, on entrait dans une cour entourée d'un cloître, appelée Petit-Cloître, on montait un perron à gauche, on passait sur la tombe du cha-

bien réfléchi, il aurait représenté que la ligne circulaire qui formait led. mur avant B8 chute était beaucoup moins solide et en même temps beaucoup plus dispendieuse qu'une ligne droite, ce serait le cas pour le Chapitre de solliciter cette dernière forme pour la construction dud. mur, et que, comme celui delà terrasse du jardin delà maison de M. de Tilly déjà très renfonce'' le deviendrait encore davantage puisqu'il laisserait une surface inutile et perdue de 2G toises environ de terrais extérieur, dans lequel les eaux resteraient stagnantes: ce serait donc une occasion essentielle de demander et obtenir que l'alignement qui serait donné à M. le Doyen fut commun à mond. Sr de Tilly. de telle sorte que commençant au l'as de la face antérieure du mur de terrasse du jardin de la maison canoniale de H. de Bonneval et se prolongeant en ligne droite et ensuite retournant en pan coupé, il se redresserait définitivement jusqu'à l'angle du mur actuel du jardin du Sr de Tilly sur l'abreuvoir du Cloître; qu'un pareil alignement procurerait aux deux jardins une augmentation de 70 toises de superficie de terrain et formerait une figure d'autant plus agréable qu'elle répondrait à celle du jardin du Chapitre. > Cfr. Concl. cap., Arch. Nat. LL. 23239.

1. Parmi les habitants du cloître, nous comptons plusieurs conseillers au Parlement : MM. les abbés Terré de Barnay, Tandeau de Mai-sac et Foulon, ainsi que de nombreux avocats. MM. Oudet, Giroult, Poulet. Ferey, Rémy de Méry et Houard.

noine Fumée, enterré auprès des marches, et on se trouvait alors au seuil de la salle du Chapitre, dont nous donnons plus loin une minutieuse description. A côté, le Chapitre avait aménagé les écuries pour remiser les attelages des fermiers, et le sous-sol était occupé par le magasin aux seaux à incendie, par la loge du portier de la Recette et par la salle des Francs-Sergents. Le premier étage comprenait la bibliothèque, les appartements du Receveur général, le Bureau de la Recette, au milieu duquel pendait une balance pour peser les espèces que les débiteurs du Chapitre y venaient verser, et la salle d'assemblée, dite « la Chambre » *. Les archives étaient conservées au second étage, sous la garde de l'archiviste Pavillet. Le Chapitre logeait encore dans le même immeuble son secrétaire, M. Buée; le garde du Trésor, M. Mortier, et le receveur de l'Archevêché.

Le Petit-Cloître, auquel nous avons déjà fait allusion, était aussi appelé « le charnier ». Le Chapitre y avait fait dresser plusieurs croix de fer et de cuivre provenant du cimetière des Innocents, lors de sa suppression. C'est là aussi que l'on transportait les cadavres des personnes, dont la mort violente ou accidentelle devait être juridiquement constatée par le Bailli et le chirurgien légiste. Le Petit-Cloître était séparé de l'église de Saint-Denis du Pas par un jardin et par le cimetière de la paroisse. On y enterrait les personnes décédées dans le Cloître : les plus riches demandaient la sépulture dans l'église même; mais elle devint insuffisante et le Chapitre permit d'établir une cave 2 sous la sa-

1. Cfr. Inventaire de 1790. — Cabinet du Receveur général : un bureau, une caisse de bois de chêne, un trumeau de cheminée «l'une seule glace de 2 pieds 9 de haut sur 2 pieds 3 de large, surmonté d'un tableau représentant un paysage; le tout dans un parquet de bois peint en gris avec ornements de bois doré; plusieurs corps de tablettes; un morceau de tapisserie; un fauteuil de bois de hêtre couvert de tapisserie à l'aiguille; un fauteuil et une chaire. — Bureau de la Recette : deux bureaux l'un devant l'autre; pupitre double au-dessus et armoire à rayons: une table de chêne; au-dessus sont suspendus par une potence de fer des balances de cuivre à fléau de fer poli. — Salle d'Assemblée, dite la Chambre : dans la niche, au-dessus de la tablette de la cheminée, un buste en marbre du cardinal de Richelieu; deux tableaux dans la boiserie, représentant le cardinal de Noailles el le Maître-Autel de Notre-Dame de Paris; un bureau ; deux tables; quatre fauteuil et huit chaises.

2. Cette cave fut établie sous le charnier, contigu à l'église, et sous la sacristie en 1779. Concl. cap.

cristie où Ton continuerait d'enterrer moyennant un droit de 100 livres.

Depuis la démolition de Saint-Jean le Rond en 1750, cette église est devenue la paroisse du Cloître. Les deux curés de Saint-Jean le Rond, dont le titre fut alors transféré à Saint-Denis du Pas, y font les baptêmes, mariages et enterrements; les chanoines de chacune des deux églises y acquittent séparément leurs fondations et y célèbrent leurs offices. Nous verrons que le Chapitre de Notre-Dame venait souvent en procession à cette église.

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