‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 28 sur 130 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

I. Le Chapitre. Les deux cléments des décisions capitulaires : la tradition et la délibération. Chapitres ordinaires : une séance; la salle capitulaire; la Chambre. Chapitres extraordinaires à la Porte-Rouge, au Revestiaire. Convocations. Chapitres généraux. Le Synode. — II. Le Chœur de Notre-Dame. Magnificence des cérémonies. Description du chœur. Les stalles. L'habit canonial. La messe de l'Assomption en 1780. Les tours de semaine. Cycle liturgique. — III. Juridiction du Chapitre. Juridiction temporelle : la barre; les justices seigneuriales ; officiers de justice; droit de Commitlimus. — Juridiction spirituelle : exemption de lajuridictionépiscopale; exercice de la juridiction capitulaire sur les chanoines, les habitants du Cloître, le clergé des ('.dises sujettes. — Juridiction quasi spirituelle; nomination aux bénéfices. — IV. Rapports du Chapitre avec l'archevêque, le diocèse, le roi, la famille royale, les grands personnages, la ville.

Un corps vivant ne se compose pas de membres épars : peut-on connaître la vie rien qu'à étudier ces membres, séparés du corps qu'elle anime? Dans les pages précédentes, nous avons considéré seulement les individualités du Chapitre ; il nous faut maintenant les grouper, les réunir, avec ces membres reconstituer le corps, lui rendre sa vie propre, ranimer son organisme, étudier son tempérament. Jusqu'ici nous avons vu des chanoines, pas encore le Chapitre.

Deux principes constituaient la vie capitulaire : la tradition et la délibération. La tradition d'abord, qui maintient les bons usages, garde au corps sa physionomie personnelle, sert à éviter des innovations téméraires de la part du Chapitre ou blessantes à son égard. Elle est l'élément conservateur. Aussi les chanoines ont-ils soin de faire écrire en détail dans les registres capitu-

laires tout ce qui peut servir à la conserver intacte, à la maintenir ou même à l'établir pour l'avenir. Une difficulté surgit, une prétention veut prévaloir, une réforme s'impose : immédiatement une commission compulse les archives, étudie les précédents, recherche les circonstances analogues, et fait un rapport au Chapitre, qui statue toujours dans le sens de la tradition1. Elle est si respectée que, même quand une délibération vient la contredire pour un cas particulier, les chanoines entendent la sauvegarder par cette formule qui revient à chaque page des Conclusions : sine in postent m consequentiâ. Avec elle, ils ont raison du Roi, de l'Archevêque, du Parlement et surtout du relâchement ; elle les aide à maintenir une discipline rigoureuse au milieu d'un siècle, qui n'était que trop accommodant.

La rigidité de la tradition était adoucie par la délibération. Le Chapitre était une assemblée délibérante, presque parlementaire. Des chanoines auraient -ils été vraiment chanoines s'ils n'eussent pas été « capitulants ? » et, Dieu sait pourtant, s'ils aimaient à capituler ! On ne s'étonnera donc pas de voir le Chapitre se réunir fort souvent; il faut dire que la multiplicité des affaires l'exigeait au moins autant que le besoin, d'autres diraient la manie, de délibérer. Il y avait les chapitres ordinaires, les chapitres extraordinaires, les chapitres généraux et le Synode annuel.

Les chapitres ordinaires se tenaient à l'issue de l'office du matin, trois fois la semaine, les lundi, mercredi et vendredi 2; en carême, à cause de la station, le chapitre du vendredi était remis au lendemain. Nulle convocation n'était faite pour ces sortes de réunions, qui étaient annoncées seulement par la cloche capitulaire; à l'heure marquée, les chanoines se réunissaient en habit

1. Los Chapitres du Royaume, connaissant cet attachement inviolable de l'Église de Paris à ses traditions, lui demandaient souvent des consultations sur différents points de discipline. Les réponses du Chapitre nous ont été fort utiles pour connaître los usages et les traditions en vigueur. Arc/i. Xat. Série L. 544645.

2. En carême, les chapitres ordinaires se tenaient pendant None. Quand la première messe était commencée au chœur, le spé entrait au chapitre et, après plusieurs révérences, il se mettait à genoux et disait : Domini mei, missa incepta est. Les chanoines quittaient la salle capitulaire et se rendaient à l'office. I\oles mss. du maître des cérémonies. — A. N. L. 528.

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