‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 34 sur 130 · Cfr. Concl. capit., année · texte numérisé non relu

Cfr. Concl. capit., année

■J. 11 s'agit i'-i 'lu Bâton de M. le Chantre.

Bâton. Station solennelle après les premières vêpres. Le jour, procession à Saint-Denis du Pas, où Ton bénit les cierges. Pendant l'octave, station après les vêpres au chant du répons : Gaude Maria. Après la Purification jusqu'au samedi, veille de la Passion, on reprend au chœur roffice de la Vierge.

22 mars. — Fête de la Réduction de Paris par Henri IV. Procession aux Grands- Augustins, où Ton porte la châsse de la Vierge et le tableau de saint Sébastien au milieu des archers de la ville. L'officiant, qui doit être une dignité, est invité au dîner par le Prévôt des Marchands et occupe à table la première place à côté de M. le Président à mortier, qui conduit le Parlement.

Septuagésime. — A Matines, M. le Chancelier chante la première leçon qui est la Préface de saint Jérôme sur la Genèse. Après Sexte, sermon par M. le Théologal. A toutes les fêtes depuis la Septuagésime jusqu'à la dernière avant la Quinquagésime, on va, après Matines, chanter Y Ave Regina devant la chapelle de la Vierge.

Sexagésime. — Après Sexte, sermon par M. le Théologal. L'après-midi, présentation des nouveaux licenciés au palais archiépiscopal.

Quinquagésime. — Jusqu'à dix heures et demie, les processions des églises de la ville arrivent à Notre-Dame pour la dispense d'user de lait et de beurre pendant le carême. Ellçs font leur station dans la nef et passent autour du chœur. Le Chapitre fait ensuite sa procession sur le parvis par-devant la fontaine, dans le Cloître le long des bornes, dans le cimetière de Saint- Denis du Pas, par l'archevêché. La vraie croix est exposée sur le maître-autel. Lundi gras. Messe des Anges. Mardi gras. Messe de la Vierge, selon l'usage immémorial.

Mercredi des Gendres. — On tend entre le sanctuaire et la nef « un grand rideau de taffetas cendré, encadré par le tour d'une étoffe bleue et cendrée1 ». Ce rideau restait étendu pendant les Heures jusqu'au mercredi-saint. Messe du Saint-Esprit. Absoute

1. Bibl. Nat. Inventaire de 1790. Bibl. Nat., mss. déjà cit<;.

donnée par l'Archevêque. Bénédiction des cendres et procession à Saint-Denis du Pas.

Carême. — Chaque jour, on célèbre deux messes, Tune de la fête après Tierce, l'autre de la férié, après None. Messieurs, les jours de chapitre, ne viennent au chœur que quand la première messe est commencée. Avant de commencer chaque Heure, les chanoines baisent leurs stalles, les autres la terre. 11 y a sermon par le Prédicateur, deux fois la semaine, le mardi et le vendredi'.

Dimanche des Rameaux. — La veille, Matines à 4 heures du soir. Le jour, l'office commence vers six heures; la procession part en silence, vers sept heures, pour Sainte-Geneviève. On porte la châsse de la Sainte Vierge. A l'église de l'abbaye, le clergé de Notre-Dame occupe les stalles de droite. Bénédiction des Rameaux par l'Archevêque. Sermon par le Prédicateur du Carême. Retour à Notre-Dame par la rue Saint-Étienne-des-Grez, la rue Saint-Jacques, le Petit-Pont et la rue Neuve-Notre-Dame. Il y a reposoir au collège des Chollets. Au coin delà rue de la Bûcherie, Monseigneur entre dans la maison à l'enseigne de La Tête Noire pour y prendre les habits pontificaux. Depuis la suppression du Petit-Chàtelet, où se chantait l' Attollite portas, cette cérémonie se fait a la porte de l' Hôtel-Dieu nouvellement construite et dite par le passé Salle du Légat. Cette porte donnait sur le Petit-Pont.

Mercredi Saint. — A la Messe, après le chant du Trait, on ferme le grand rideau du sanctuaire, qui s'ouvre subitement qnand, dans le chant de la Passion, le Diacre arrive à ces paroles : « et vélum templl scissum est médium ». A quatre heures, l'Archevêque donne l'absoute du haut d'une estrade construite à cet effet. Ténèbres'2 et absoute par M. le Doyen.

Jeudi Saint. — Fête à Bâton. Après Sexte, sermon dans la

1. Le Prédicateur était choisi par le Chapitre d'entente avec l'Archevêque; tous les deux partageaient la dépense des honoraires. Cfr. Concordai entre le Chapitre et M. de Gondy du 20 septembre i644 dans les « Cond. cap. ».

•2. A Ténèbres, les Lamentations étaient jadis chantées par un enfant de chœur; depuis 1 ?ô-2, les bénéficiers les exécutaient « cum symphonià, <jallice basse continue ». Concl. cap.

nef par M. le Pénitencier. Messe solennelle et consécration des Saintes Huiles. A deux heures, ablution de l'autel du chœur, de celui de la Sainte-Vierge et de Saint-Denis. Les enfants de chœur vont chanter le Mandatant de l'Archevêque. A la sacristie, le Doyen bénit les échaudés et le vin, qui doivent servir au clergé pour sa collation du lendemain. Au chœur, chant de l'Evangile de la Cène. Sermon par le Prédicateur. Réunion de tout le clergé au chapitre pour la cérémonie de la Cène. D'abord le Doyen lave les pieds aux enfants de chœur, puis il bénit du pain, coupé en petits morceaux dans une corbeille, et du vin dans une coupe, formée d'une calebasse antique montée en argent. Le clerc de M. le Chantre présente à chacun un morceau de pain « gros comme une fève », et un bénéficier passe la coupe à laquelle tous boivent, pendant qu'un lecteur lit le chapitre XIIIe de saint Jean, à partir de ces mots : « non est servus major ». Ténèbres à quatre heures.

Vendredi Saint. — Office à sept heures et demie. La cérémonie de l'adoration de la Croix est fort solennelle, presque dramatique.

Samedi Saint. — Le soir, motet à l'autel de la Sainte-Vierge, qui attire à Notre-Dame une afiluence considérable '.

Pâques. — Fête d'Archevêque et fête à Bâton. A deux heures, sermon et compliment du Prédicateur à M. l'Archevêque. Vêpres, procession à Saint-Denis du Pas. Pendant les fêtes de Pâques, quatre bénéficiers en aubes assistent aux offices, ils sont appelés les Maries ou les Alléluia .

Lundi de Pâques. — Fête de M. le Chantre. A dix heures, le Prédicateur clôture sa station et fait ses compliments à Messieurs du Chapitre.

"Vendredi de Pâques. — Fête de l'expulsion des Anglais. Messe solennelle, chantée à la chapelle de la Vierge par le clerc de M. le Chantre.

1er mai. — Procession à l'église de Sainte-Madeleine de la Ville-l'Evêque.

1. Les frais de ce motet s'élevèrent jusqu'à 4001. en 1785. Concl. cap.

Les Rogations. — Le jour de saint Mare, station à Saint-Paul et messe à Saint-M erry ; — le lundi, Prime à quatre heures du matin; à six heures, départ pour Montmartre. En passant sur le Pont-au-Change, le semainier entre dans une maison pour bénir la Seine; — le mardi, station à Notre-Dame des Champs, qui se fait en la chapelle des Carmélites du faubourg Saint-Jacques; — le mercredi, Prime à cinq heures ; stations à Saint-Victor et à Saint-Marcel; messe à Sainte-Geneviève.

L'Ascension. — Fête d'Archevêque et fête à Bâton. Un des jours précédents, Messieurs les Orfèvres demandent au Chapitre l'autorisation de descendre et de porter la châsse de saint Marcel. La veille, Matines à quatre heures. Le matin, à huit heures, procession générale autour de la Cité; les quatre églises, filles du Chapitre, et les quatre églises, filles de l'Archevêque, y assistent en chapes. On sort la châsse de la Sainte Vierge, les orfèvres portent celle de saint Marcel.

Pentecôte et samedi de la Trinité. — Fête d'Archevêque.

Fête-Dieu- — A huit heures, la procession fait un tour dans la cité sans se reposer '. En 1789, elle suivit l'itinéraire suivant : rue Neuve-Notre-Dame, du Marché-Pallu, de la Barillerie, de la Vieille-Draperie, de la Juiverie, rue Neuve-Notre-Dame. Le jour de l'Octave, procession à l'intérieur de l'église.

Processions de l'Été. — Le troisième dimanche après la Pentecôte, au Saint-Sépulcre; le 29 juin, à Saint-Pierre aux Bœufs; le 30 juin, à Saint-Paul; le 4 juillet, à Saint-Martin des Champs ; le il juillet, à Saint-Benoit ; le 21 juillet, à Saint-Victor; le dimanche après le 22 juillet, à la Madeleine en la Cité; le 31 juillet, à Saint-Germain l'Auxerrois; le 3 août, k Saint-Etienne des Grez'2; le 10 août, six bénéfîciers vont chanter la messe à Saint-Laurent; le 24 août, procession à Saint-Barthélémy; le

1. Depuis 1788, aces deux processions, le dais était porté par les prêtres du séminaire des Lombards. En remerciaient, le Chapitre lit verser à M. d'Argent, vicaire général et commissaire pour les Prêtres lombards, la somme de 300 1. pour contribuer à la souscription ouverte en faveur de leur collège. A . .\ . Reg. cap., 1788.

-.'. Cette procession fut fondée en 1050 par le roi de France, Henri Ir, qui donna à Notre-Dame trois arpents de vignes contigus à Saint-Etienne pour payer les frais de la cérémonie. Cfr. Necrol. Eccl. Parisiensis ad Aug. et Lebœuf, t. I. p. 232. La station à Saint-Benoit datait de la même époque. Ibid., p. 211.

27 août, à Saint-Merry; le 27 septembre, procession dans la cité avec les châsses de saint Corne et saint Damien.

L'Assomption. — 1~> août. Après Tierce, procession dans l'église et, en rentrant au chœur, chant ad aquilam du psaume Deus judicium tuum regida. Après Complies, procession dans la cité avec la châsse et la statue de la Sainte Vierge ; à cette procession assistent le Parlement, la Cour des Comptes et des Avdes, Messieurs de la Ville et les quatre églises sujettes; au retour, station à la chapelle de la Sainte Vierge *.

Nativité. — 8 septembre. Fête d'Archevêque et fête à Bâton.

Saint-Michel. — 29 septembre. A l'offertoire, encensement solennel- de l'autel par deux bénéficiers-prètres et deux enfants de chœur.

Toussaint. — Fête d'Archevêque et fête à Bâton. Après les Vêpres, procession avec le tableau de saint Sébastien.

Les Morts. — Avant la messe, procession au cimetière de Saint-Denis du Pas.

Avent. — Le premier et le quatrième dimanche, à 9 heures 1/2, sermon par le Théologal.

O de Noël. — Pendant le chant de l'O, le Chantre tient son Bâton; le chefcier distribue des chandelles à tout le clergé présent.

Noël. — L'Archevêque officie aux trois grand'messes. A la messe de minuit, le chœur est éclairé par deux torches en ferblanc doré et l'église par 28 bras de lumière 2.

Saint- Etienne. — ■ Le premier chanoine-diacre entonne les antiennes.

Saint-Jean. — Fête de M. le Doyen. Il donne à chaque clerc du chœur 5 sols.

Saints-Innocents. — Deux petits enfants de la Maîtrise portent chape, aumusse et bonnet carré. Ils font choristes aux oilices 3.

1. Cérémonial de M. de NoaUles, 1703. Bibliothèque municipale de la cille de Paris.

■2. Cir. Inventaire de 1790. Bibl. Xat. mss.

3. En 1751, le Chapitre prit une conclusion abolissant cet usage. Mais la conekisiona été depuis biffée dans le registre, ce qui fait supposer que Tusage a été main-

LA JURIDICTION DU CHAPITRE. 9b

Le Chapitre, étant un corps ecclésiastique et en même temps le propriétaire d'immenses domaines et de fiefs nombreux, jouissait de la double juridiction temporelle et spirituelle.

La juridiction judiciaire du Chapitre s'appelait la Temporalité. A Paris, son premier tribunal, auquel tous les autres, lui appartenant, ressortissaient, était la Barre du Chapitre, sise au Goitre Notre-Dame en l'Auditoire '. Ce tribunal, ayant haute, moyenne et basse justice, possédait dans son ressort le Cloître, le Terrain, le Parvis2 et l'intérieur de l'Eglise. Le Chœur de Xotre- Dame offrait cette particularité, que, pour la juridiction, il était divisé en trois parties. Depuis le fond avec le maître-autel et son circuit, jusqu'au bas des marches, il appartenait à la juridiction de l'Archevêque; depuis les mêmes marches jusqu'au trône de l'Archevêque d'un côté et à la chaire synodale de l'autre, il y avait prévention entre la justice de l'Archevêque et celle du Chapitre, et, en cas de concurrence, ces deux justices agissaient de concert; enfin la troisième partie, c'est-à-dire depuis la grande porte du chœur, du côté de la nef, jusqu'au bout des stalles du Chancelier et du Pénitencier, appartenait à la juridiction capitulaire.

Les officiers de justice de la barre du Chapitre sont indiqués comme il suit sur YAlmanach royal de 1790 :

M. Douet d'Arcq, Bailli :i, avocat au Parlement, Cloitre Notre- Dame;

M. Cothereau, avocat-lieutenant, Cloitre Notre-Dame ;

M. Doulcet, avocat procureur fiscal, Cloitre Notre-Dame;

M. de Gaulle, greffier, rue Saint-Jacques;

tenu. .4. A'. LL. 2322*. l>aus l'ornement donné par le roi. en 1768, sonl comprises deux petites chapes rouges pour les enfants de chœur, Cet ornemenl servait le Jour des Saints-Innocents, Cfr. infrà page 271.

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