‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 46 sur 130 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

L'ADMINISTRATION CAPITULAI!!!-;

I. Biens du Chapitre. Les départements de l'Administration capitulaire : l'ancienne Mense; la Mense de Saint-Germain l'Auxerrois : l'Office des Matines; les chapelles Saint-Denis et Saint-Georges el des Paresseux; la Fabrique. —

t Biens a Paris .- maisons et fiels. — Biens à la campagne : seigneuries, fiefs, domaines, fermes, bois, dîmes et terres. — Administration de ces biens par l'Agent des affaires, le Chambrier, l'Architecte. — Droits seigneuriaux. — II. Administration financière. Receveur général et Receveur des censives.

— Distinction des caisses. — Comptes du Chapitre en 1789. — III. Le Chapitre et l'Instruction publique. Le Chancelier, le Chantre et les Petites Écoles : droits du Doyen el du Pénitencier; fondations Delaître, d'Eaubonne, le Masson et de Mondran. — IV. Le Chapitre et l'Assistance publique. L'Hôtel-Dieu.

— Souscription pour les hôpitaux de Paris. —Secours aux pauvres. — Troncs.

Il est important de montrer que le Chapitre n'était pas seulement un corps illustre et puissant dans l'Eglise de Paris, un justicier unissant les juridictions spirituelle et temporelle; c'était aussi un grand seigneur, chargé de titres, pourvu de biens. Ses richesses lui permettaient des aumônes qui lui donnaient une place dans l'Assistance publique, et de nombreuses fondations l'intéressaient à la direction des plus illustres collèges et à l'instruction donnée dans les Petites Ecoles. Les pages qui suivent, contiennent quelques documents peut-être un peu arides, mais nécessaires pour bien établir la situation sociale du Chapitre de Paris en 1790.

Pour bien posséder l'intelligence de l'administration temporelle et financière du Chapitre à la veille de la Révolution, quelques explications préliminaires sont indispensables. Cette administra-

tion, dirigée par l'agent des affaires, M. de Champigny, et le sous-agent, dont nous verrons plus loin les fonctions, se partageait en six départements : l'ancienne Mense du Chapitre, la Mense de Saint-Germain l'Auxerrois, l'office des Matines, les chapelles Saint-Denis et Saint-Georges et des Paresseux, la Fabrique, les Fondations pour écoles.

L'ancienne Mense comprenait tous les biens que le Chapitre possédait comme tel, avant 1740, et dont il avait la libre disposition. En 1740, quand M. de Vintimille supprima le Chapitre de Saint-Germain l'Auxerrois et l'unit à celui de Notre-Dame, le décret d'union transféra à ce dernier tous les biens du Chapitre supprimé et leur assigna telles affectations, qui devaient être respectées. Jusqu'en 1784, M. Delon, le dernier chanoine de Saint- Germain subsistant à Notre-Dame, administra séparément les biens de cette Mense. Quand ses forces ne lui permirent plus de se livrer à ce travail, le Chapitre le confia à ses receveurs ordinaires, qui devaient dans leurs comptes maintenir la distinction entre les produits de chacune des deux Menses.

Les revenus de l'office des Matines étaient en partie affectés aux rétributions du clergé, gagnées surtout par l'assistance aux offices delà nuit. Ces rétributions furent considérablement augmentées grâce aux libéralités de MM. les chanoines PaA*en, Couet et de Périgny. Au commencement du xvine siècle, les distributions, revenant au bas chœur pour ces offices, étaient fort modiques, et le Chapitre voyait avec peine l'usage de chanter les offices la nuit, si respecté par l'Eglise de Paris et si recommandable à la piété, sur le point de cesser faute de ressources. M. le cardinal de Noailles, fort zélé pour le maintien et la décence du culte dans sa cathédrale, supprima les titulaires de deux chapelles richement dotées, celle de Saint-Denis et Saint-Georges et celle dite des Paresseux1 , et unit leurs revenus au Chapitre pour augmenter les distributions du bas chœur. Les biens de la Fabrique servaient à

1. La chapelle des Paresseux, du titre de Sainte-Madeleine, était à l'autel de la Sainte- Vierge^ à droite en entrant au chœur: elle fut fondée en 1303 par le chanoine Jean Le Moine. Cfr. l'inscription jadis placée dans la chapelle de la Madeleine à Notre-Dame. Curiosités, op. cit.. p. 110.

payer les frais généraux du culte, à subventionner l-s clercs et les employés nécessaires aux cérémonies et à l'entretien du mobilier et de l'église. Nous parlerons des fondations pour écoles, quand nous étudierons les rapports du Chapitre avec l'Instruction publique.

Un travail, exécuté par M. Barbie, receveur général du Chapitre, en conformité au décret du 13 novembre 1789 touchant les Biens ecclésiastiques, nous a été fort utile pour connaître les possessions du Chapitre. Xous avons consulté aussi à cet effet les affiches des cent cinquante-trois déclarations partielles, faites devant les Municipalités des Communes et indiquant les biens situés à la campagne, qui ne sont que résumés dans le travail de M. Barbie '.

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