‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 55 sur 130 · V. Pièces de terre isolées · texte numérisé non relu

V. Pièces de terre isolées

Le Chapitre possédait encore des pièces de terre isolées, louées séparément ou rattachées aux fermes de ses seigneuries et domaines, dans les paroisses suivantes : Aunet et Yarennes, Arcueil et Cachan, Attainville, Ballainvilliers, Creteil, Ver, Fresne, Lagny. Saint-Denis-du-Port, Saint-Thibault, Torcy, Roissy, le Tremblay, Arnouville, Écoaen, Villiers-sur-Marne. Ces terres s'étendaient environ sur 300 arpents.

Andrésy.

irpents

9 perches

Revenus 552 1.

Bois -UÉvêque.

Sénart.

Ceruelle.

Bois Valois et

Pécy.

Blandureau.

— trop jeunes.

Souilly.

Favières.

Bail de Ferrières.

1. L'étendue du terroir décimable n'était pas arpenté' en 1790.

Marangis. 4 arpents 25 perches Revenus : Bail de Grand-Paroisse. Outrebois. 133 — — — Bail d'Outrebois.

Récapitulation.

Bois en coupes réglées. 006 arpents 11 perches.

Réserves. 298 — 56 —

Rois non encore en coupes réglées. 220 — 62 —

Total : 1.125 arpents 29 perches.

Pour résumer ce long inventaire des biens du Chapitre, nous avons compté qu'il possédait en 1790, à la veille de sa spoliation, quatre-vingt-une maisons dans Paris, trente et une seigneuries, soixante-quatorze fiefs, six fermes séparées, treize moulins à eau, quantité de fours, moulins à vent, granges dimeresses, pressoirs, droits utiles sur plusieurs rivières, tels que péage, pèche, droit de bac, etc. Enfin il était décimateur sur près de dix-sept mille hectares et propriétaire de plus de trois mille hectares de terres labourables, prés, bois, friche, aunaies, cours, jardins, etc. Ses propriétés étaient situées sur cent cinquante-trois paroisses.

Deux chanoines étaient placés à la tète de l'administration de ces biens : l'Agent des affaires, qui était M. de Champigny et le Chambrier, M. Camiaille. Ces deux fonctions, quoique très voisines l'une de l'autre, ne se confondaient pas cependant. L'Agent des affaires était chargé de la conservation des biens; le Chambrier de leur administration. Celui-ci préparait les baux, présidait aux adjudications, faisait les rapports; celui-là s'occupait surtout des constructions, de l'amélioration des propriétés, de la sauvegarde des droits seigneuriaux, des procès à soutenir ou à intenter, des plantations à faire, etc. Cette charge exigeait des aptitudes spéciales, occasionnait de fréquents déplacements et des fatigues considérables; c'est pourquoi le Chapitre avait adjoint à l'Agent des affaires un Sous- Agent, qui était, en 1790, le S1' Le Roy. Il s'occupait des démarches plus

pénibles, des besognes matérielles, des négociations parfois incompatibles avec la dignité sacerdotale et de la tenue des livres. Les fonctions du Sous-Agent sont portées en détail dans les conditions passées entre le Chapitre et le Sr Bézard, prédécesseur de Le Roy.

« Il rendra compte à M. l'Agent des affaires' de l'état des écritures et procédures actives et passives. Il tiendra registre exact, au fur et à mesure que les contestations naîtront, de leur commencement, de l'espèce, des noms, du tribunal, des parties adverses et de leur avocat et procureur, ainsi que des progrès

et de la fin desdites affaires contentieuses Il fera le tableau

par ordre alphabétique des différents justiciers du Chapitre avec les noms des officiers, des justices et même des gardes avec la date de leur nomination et fera note des changements à chaque mutation.

« Ledit officier tiendra un registre en forme de journal de toutes les affaires soit contentieuses soit en compromis ou arbitrage, soit en négociation, soit en projet, tentative ou information. Il inscrira exactement et journellement leur naissance, leur état actuel, leur interruption ou leurs progrès; il fera mention desdits obstacles qu'elles éprouvent ou des moyens de les faire réussir et n'omettra de noter aucune des démarches actives ou passives, qui pourront v être relatives. Ce journal devant servir de renseignement général de toutes les affaires quelconques du ressort de l'agence, de la chambrerie ou des commissions particulières du Chapitre, autres que celles des Intendances, pour quoi Messieurs les Chambrier, Agent des affaires, commissaires particuliers sont priés et le sociétaire tenu de fournir à cet officier les notes et renseignements qu'ils croiront devoir entrer dans ce registre.

« Le même registre ou journal contiendra les frais tant ordinaires qu'extraordinaires, dits frais de l'agence, comme les étrennes et gratifications, les voitures de visites, compliments ou sollicitations, ou voyages à la campagne, les frais d'impression, les honoraires d'avocat, les frais de justice, les copies multipliées ou trop pressées et tous autres objets de dépenses nécessaires et imprévues, de tous lesquels frais ledit officier sera

remboursé par le Receveur des Gensives pour les objets qui le concernent ou par le Receveur général pour tous autres d'après Yallocetitr qui sera obtenu du Chapitre à ce sujet par M. le

Cliambrier ou Agent »

Le Chapitre, ayant étendu le champ d'action du Sous- Agent au delà des affaires contentieuses, le travail de ce dernier devenait d'autant plus compliqué et absorbant : depuis 1770, ses émoluments furent élevés à 900 1. par an, payables par tiers par les Caisses Générale, des Censives et des Matines. On lui accorda aussi le logement et le pain du Chapitre.

Les affaires, exigeant des connaissances techniques, étaient confiées à l'architecte, appelé aussi Inspecteur des bâtiments. En 1782, M. Parvy de la Renardière succéda à son père dans cette fonction. Le Chapitre rédigea à cette occasion un règlement qu'il imposa à son architecte, et dont nous rapportons ici les articles principaux. L'architecte devra habiter dans le Cloître ou tout près1; — faire les plans et devis des constructions; — suivre. L'exécution des ouvrages; — faire la visite au mois de mars avec MM. les Intendants de la Fabrique, de toute l'église tant au dedans qu'au dehors; — visiter les bois, suivre les nouvelles plantations2; — dresser les plans, coupes, devis des travaux et des domaines du Chapitre. On ajouta plus tard l'obligation de visiter aussi chaque année les maisons canoniales et bénéficiâtes du Cloître.

Vu l'importance et l'étendue des biens du Chapitre, l'architecte était presque toujours par monts et par vaux. M. Parvy père, dans une requête adressée au Chapitre, décrit fidèlement ses chevauchées perpétuelles à travers la campagne : « Je vous remontre très respectueusement que la dépense tant pour luy que pour un cheval, qu'il est obligé de faire journellement pour rem-

1. M. Parvy habitait une maison du Chapitre, sise au fond du cul-de-sac de Sainte-Marine, adossée au Goitre et donnant sur le Parvis.

2. Le Chapitre veillait à améliorer ses propriétés; en 1785, il ordonna qu'une somme de 1.200 1. serait employée chaque année à planter d'arbres les endroits vagues de ses terres et seigneuries. M. Yiet fut chargé de veiller sur ces plantations.

plir ses devoirs avec fidélité et exactitude, excède de beaucoup le montant de ses appointements ; qu'il a fait plusieurs voyages à Mory pour faire la visite et estimation de la coupe de vos bois de la Tillière, dépendans de votre ferme dudit Mory; à Larchant, pour, avec le Sr Thierriet, examiner un mémoire donné par Monseigneur le Duc d'Orléans sur votre moulin appelé le Moulin- Rouge ; qu'il a fait plusieurs procès-verbaux de visittes de fouilles de pierre dans vos terres de Bagneux et de Gentilly; que, par extraordinaire, il a été employé aux règlements des Mémoires de Menuiserie, Gharpenterie, Serrurerie et Vitrerie faite l'année dernière de neuf vitraux refaits à neuf à votre église de Notre-Dame; qu'il est la plus grande partie du temps à cheval pour aller faire les devis, vérifications, toisés et arrestés des mémoires d'ouvriers tant pour Paris que pour la campagne à des distances très éloignées1. »

Comme les travaux de l'architecte profitaient aux biens des différentes caisses, toutes contribuaient pour leur part respective à constituer ses émoluments, qui s'élevaient à 3.000 1. ; la Recette générale donnait 1.500 1., la Fabrique 300 1., la Caisse des Matines 300 1., la Chapelle Saint-Denis et Saint-Georges 150 1., la Chapelle des Paresseux 150 1. Ses frais de déplacements lui étaient payés en plus; avant de partir, il recevait à cet effet du Receveur général des billets de voycige que signaient en Chapitre ceux de Messieurs en charges que regardait l'objet dudit voyage et à son retour l'architecte les représentait pour se les faire rembourser.

Le Chapitre conservait avec un soin jaloux les droits honorifiques annexés à la possession de ses domaines. Quelques années avant la Révolution , il avait fait rétablir par son architecte, dans les paroisses dont il était seigneur, le banc seigneurial2 surmonté de ses armoiries, qu'il suspendait aussi au Poteau dressé sur la place du village 3. Dans ces mêmes

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