‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 56 sur 130 · Arch. Nat. LL. 232 27, année · texte numérisé non relu

Arch. Nat. LL. 232 27, année

2. Grand émoi au Chapitre, quand on apprit que le curé de Sucy avait réduit à 1 pieds le banc seigneurial large de 6 pieds 4 pouces. Concl. cap., année 17.Ï2.

o. En 1764. les habitants de Fontenay-aux-Roses, voulant faire faire à leurs frais

ADMINISTRATION TEMPORELLE. m

paroisses, on le nommait personnellement an prône de la messe l, et Tlionneur d'être parrain des nouvelles cloches lui était presque toujours dévolu-'.

La conservation de ces droits exigeait de sa part une surveillance constante et de fréquentes réclamations contre les usurpateurs. Le droit de chasse surtout lui occasionnait maints désagréments. On sent que le 4 août 1789 approche! Les registres capitulaires nous ont conservé les détails d'une contestation fort plaisante entre le gens du comte de Clermont, prince du sang, et les fermiers du Chapitre à Wissous. « Quand je chasse, écrit-il aux chanoines en 1764, et qu'un de vos fermiers se promène à cheval pour voir ses terres, il ne s'arrêterait pas un moment pour me laisser passer et traverse communément devant moi ma chasse, la trouble en faisant partir le gibier. On a beau leur crier d'attendre un moment, ils ne font pas semblant d'entendre et n'otent pas même leur chapeau!... Il y a quinze jours, Latromière, mon garde, avait rencontré plusieurs femmes cueillant des pois sans avoir averti et par conséquent donner le temps d'enlever les nids3. Il s'adressa à la première qu'il rencontra et lui demanda pourquoi elle cueillait des pois sans avoir averti. Elle lui dit qu'elle n'avertissait jamais et qu'elle était la maîtresse de ses pois. Latromière lui demanda à qui ils appartenaient. Elle lui répondit qu'ils appartenaient à M. Auboin4 et ajouta : « Et quand ils appartiendraient à d'autres ? » et avec le ton impertinent, qui est le ton du pays 5. »

L'étendue des possessions du Chapitre était plus que suffila place publique, demandent au Chapitre We vouloir bien faire ordonner le transport du Poteau aux armes du Chapitre. Concl. cap., année 1764.

1. Le Chapitre actionna le curé de Corbereuse « quod preces nominales in pronao, uti aiunt, non faciat pro Capitulo et quidem contra decessorum morem et contra jus capituli indubitatum ». Concl. cap., 13 janvier 1751.

2. En 1787. M. de Montagu fut parrain des cloches de Vauréal avec la marquise de Caumont.

3. Quelques fermiers s'adressaient directement au Chapitre pour ces sortes de permissions. En 175<">, les habitants de Viry et de Sénicourt demandèrent au Chapitre de faucher blé, seigle et orge plutôt que de les couper à la faucille. Concl. eapit., même année.

•1. Fermier du Chapitre.

o. Lettre autographe conservée dans les Conclusions capitulaires.

saute pour satisfaire les goûts cynégétiques de MM. les chanoines ' ; aussi la plupart des chasses étaient bénévolement concédées à des personnages de distinction ou à quelque chanoine, grand chasseur devant l'Eternel. Les conditions de la concession étaient les suivantes : « 1° que ledit sieur N. établira un garde-chasse, à qui il donnera des gages suffisants pour bien et fidèlement faire son devoir; — 2° que ledit garde portera la bandoulière aux armes du Chapitre; — 3° qu'il fera recevoir led. garde à la Table de Marbre, en la manière accoutumée, et en la Prévôté de ; — 4° que ledit garde iera ses

rapports et les affirmera au nom et comme garde du Chapitre; — 5° que s'il arrivait que, pour raison de ladite chasse, délits ou dégâts à l'occasion d'icelle, il y eût procès entre le Chapitre et les délinquants, mondit sieur N... sera tenu de les poursuivre à ses frais, risques, périls et fortune; — 6° que chacun des Messieurs sera toujours le maître d'aller chasser dans l'étendue de ladite terre quand il le jugera à propos. 2 »

Les seigneuries étaient souvent l'occasion de grosses dépenses pour le Chapitre, en raison des charges dont elles étaient grevées. En qualité de décimateur ou de gros propriétaire, il était tenu à contribuer à la restauration des chœurs et cancels des églises, des clochers et des presbytères. Les registres capitulaires renferment de précieux renseignements sur les restaurations et embellissements qu'il fit exécuter à ses frais dans les nombreuses paroisses de ses domaines 3. Les curés savaient aussi qu'il accueillait toujours favorablement les demandes de

1. M. do Montagu était concessionnaire do la chasse à Claye, Souilly et Mory: M. Rivière à Ayencourt; M. du Bois-Basset à Epiais; M. de Champigny à Sucy; M. Brémont à Larchant ; M. Lucas à Corbereuse; M. Dolonà Viercy et à Villaroche; M. de Vienne à Belloy. Los gardes-chasse ne devaient pas chasser et tirer en plaine, mais seulement « sur les bêtes puantes dans les bois et sur los étangs ». Concl. cap., année 1757, M. du Marais péchait dans la Mauldre à Aubergonvillc et à Epône. Ibid., année 1775.

•2. Conditions de la concession faite à M. de Caraman, chanoine, en 1758. Ces conditions sont identiques dans toutes les autres concessions.

3. Les registres capitulaircs renferment de précieux documents pour les auteurs des Monographies paroissiales. Malheureusement ses documents sont perdus au milieu de nombreuses conclusions qui forment plus de soixante liasses rien que pour la dernière moitié du xvm* siècle.

secours, qui lui étaient adressées pour l'achat de vases sacrés, d'ornements, de mobilier. Nombreuses arrivaient, sur le Bureau du Chapitre, les lettres telles que celle-ci : « « Le Pasteur et Les Urebis, animés d'une ferveur nouvelle, que leur inspirerait la décence de leur église, redoubleraient leurs vœux et leurs prières pour la conservation de vos jours, Messieurs, et l'accroissement, s'il est possible, de la gloire de votre auguste Chapitre i ! » Comment résister à de si pompeux éloges ? Le Chapitre, malgré tout, faisait-il la sourde oreille ? certains curés avaient une étrange manière de se faire écouter : ils refusaient le secours des derniers sacrements à ses fermiers. C'est le procédé qu'employa le curé de Valances, au diocèse de Sens 2 !

Une autre charge était imposée au Chapitre en sa qualité de propriétaire terrien et de gros décimateur : il avait à constituer et à payer les' gros, demi-gros, portions congrues, redevances de nombreux prêtres de villages. Xous avons relevé les noms des paroisses, dont le clergé était rétribué par le Chapitre.

Gros et partie de gros : Andrésy, Jouy-le-Moustier, Chennevières. la Madeleine de la Ville-l'Evêque, Clichy, Bauneux, Bonneuil, Corbereu.se. Damart, Herblay, Fresne-les-Rungis, Grand-Paroisse, la Xorville, Goussainvillc, Chevilly, Mory, Aubergenville, Mézières, Epône, Sucy, Leudeville et Wissous.

Portions congrues: Blanc-Mesnil, Vauréal, Boulogne, Auteuil, Larchant Villiers-le-Sec.

Redevances : Epône, Mézières, Montdidier, Bonneuil, Goussain ville, Guyancourt, Guercheville, Mory, Compans,L*Hay, Moussy-le-Neuf, Orly, Voinsles. la Chapelle-Iger, Rungis, Wissoiis, Sucy, Noiseau, Vaudoué, Saclay, Soignolles, Villeron, Vernon et Machau.

Nous avons dit que les cinquante-deux gros ou demi-gros des chanoines étaient intabulés sur les fermes et domaines du Chapitre, comme il est porté au dernier Régalement de 1780 et dans une conclusion capitulaire de l'année 1787.

1. Lettre du cure de Grand-Paroisse, annexée aux Conclusions capitulaires, 19 novembre 1705.

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