‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 65 sur 130 · LE CHAPITRE ET L'INSTRUCTION PUBLIQ1 E · texte numérisé non relu

LE CHAPITRE ET L'INSTRUCTION PUBLIQ1 E

le-Grand en date du 3 de ce mois., M. l'abbé Tandeau lui avait répondu que la situation du collège de Fortet ne permettait pas le rétablissement actuel des deux bourses vacantes, mais que si le Chapitre voulait nommer un surnuméraire pour remplir la première bourse vacante, MM. les administrateurs le recevraient dans le collège, désirant faire tout ce qui peut être agréable au Chapitre ». Et sur la proposition de M. de Malaret, les chanoines désignèrent comme surnuméraire Benoit-Antoine Bonnefon de la Vialle, parent de M. Fortet.

Le Chapitre s'intéressait vivement aux études et aux progrès de ses boursiers; deux chanoines, MM. de Malaret et Mazéas, désignés comme administrateurs du collège, étaient particulièrement chargés de les suivre. Ils rendaient compte au Chapitre des observations à faire sur l'intelligence ou la conduite de tel ou tel boursier; si l'élève avait remporté des succès, il quittait le collège avec l'escarcelle bien garnie; selon ses aptitudes, on le poussait dans tel carrière qui lui convenait le mieux ' ; ses notes étaientelles médiocres et MM. les Administrateurs ne concevaient-ils aucune espérance, la bourse, après examen du sujet, était impitoyablement retirée. Ce cas d'extrême sévérité fut appliqué en 17D0; Querro, d'Aurillac, n'est pas reconnu capable le 17 août; le lendemain, il subit un examen, dans lequel il est loin de briller; le 19, la bourse est déclarée vacante.

A la fin de chaque année scolaire, le Chapitre prenait sur l'excédent de la caisse 2 une somme qu'il partageait entre tous les boursiers de Forte. La conclusion capitulaire du 16 juillet 1790, en rapportant l'état de distribution, nous donne les noms des seize derniers élèves de Fortet :!, qui eurent part aux libéralités des

1. Le 21 juin 1790, M. de Malaret invite le Chapitre à permettre à Louis !>.'-bois de faire son droit. Cfr. Concl. capit.

2. Le collège Louis-le-Grand avail au>si décidé postérieurement à l'union du collège Fortet* qu'il sera remis par M. le Grand Maître Temporel au Receveur du Chapitre de Notre-Dame la somme de 150 1. par chaque trimestre... à l'effet d'être par ledit Chapitre distribuée, ainsi qu'il avisera bien être, aux boursiers

dudit collège. .. Actctl. X"l. M.

:;. Le nombre des boursiers a Fortet était exactement dix-neuf: car il faut compter la bourse de la fondation VVattin en faveur d'un enfant de la famille ou. à son défaut, de la famille Curcluou de quelque autre village du diocèse de Noyon.

chanoines : Louis Aufauvre ' et Jean Carrière reçurent 48 1.; Auguste Poitevin, Jean Fayet, Jean Michel, Pierre Brémont, 42 1. ; Jean-Baptiste Boysson, Louis Grémion, Jean-Baptiste Perrin, Jean- Antoine Boysson, Bené de Guérie, Nicolas Giraud, Etienne Puech2, Louis Deshois, 36 1.; Jean Jacquotot et Jean Giroux de Saint-James, 24 1.

Quand le Chapitre fut supprimé, la Nation continua à ces élèves la rente que payaient les chanoines, et la plupart d'entre eux purent poursuivre leurs études.

Le Chapitre avait encore la gestion de legs assez considérables, dont les revenus servaient à entretenir de nombreuses écoles dans la campagne ou à aider les enfants, sortis de la Maîtrise, à compléter leurs études dans les collèges ou séminaires de Paris. Ces fondations portaient le nom de leurs auteurs : fondation Delaitre, fondation d'Eaubonne, fondation Le Masson, fondation de Mondran.

En 1723, M. Delaitre, ancien maître de la chambre aux deniers, avait légué au Chapitre un revenu annuel de 546 1. 16 s. 10 d. « à paver aux maîtres et maîtresses d'écoles qui sont nommés par les sieurs du Chapitre dans leurs terres et domaines 3. » Le Chapitre administrait cette fondation au mieux des intérêts des écoles, mais sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit4. Le fondateur avait cependant réglé quelques questions de détail assez intéressantes pour que nous les rapportious ici : 1" Si les écoles qui profitaient de la fondation étaient en vacances, soit faute d'y avoir des maîtres et maîtresses, soit que l'alloca-

1. Il était sous-diacre de Clermont et Chapelain de l'autel Saint-Philippe et Saint- Jacques. Cfr. Concl. capit., 9 novembre 1789.

•2. Il fut remplacé à Fortet, le 1er octobre 1790, par Louis Julhe, d'Aurillac, de la famille du fondateur.

:'.. Ce revenu était composé comme il suit : deux parties de rentes perpétuelles à prendre l'une sur la chapelle des Paresseux, réunie à l'Ancienne Meuse, de 506 1. 10 s. 10 cl; l'autre sur l'office des Matines de 10 1. Cfr. Déclaration générale, Arch. Xat. S. 460.

4. Le souvenir de cette fondation était conservé sur une table de marbre blanc, placée dans la sacristie des Messes, ancienne chapelle des Paresseux. Cfr. Cwnosites, etc., p. 149.

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