‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 66 sur 130 · LE CHAPITRE ET L'INSTRUCTION PUBLIQ1 E · texte numérisé non relu

LE CHAPITRE ET L'INSTRUCTION PUBLIQ1 E

ti<>n fui suspendue pour cause de négligence, les appointements devaient être payés à la Maison des Enfants Trouvés « pour être employés en livres pour l'instruction des dits enfants ». 2° Les ( ânes auront le droit de visiter les écoles quand bon leur semblera et pourront donner aux maîtres et maîtresses les avis qu'ils jugeront à propos. 3° Les enfants pauvres seront instruits gratuitement sur certificat du curé. 4° Les maîtres d'école seront laïques ou simples clercs; s'ils s'engagent dans les ordres sacrés, leur rétribution sera supprimée. 5° Ils devront s'habiller modestement et sans épée. 6° Le catéchisme sera enseigné deux fois par semaine, les mercredi et samedi pendant la classe de l'aprèsmidi. 7° A la fin de l'école, on dira un De profundis et, le 24 mars après l'office, on se réunira dans la classe où les maîtres, maîtresses et enfants réciteront les sept Psaumes de la Pénitence pour le repos de l'âme du fondateur. 8° MM. les Archidiacres sont priés de visiter les écoles et ceux du diocèse de Paris voudront bien à leur retour rendre compte au Chapitre de leurs visites. En 1790, la fondation de M. Delaître était appliquée à neuf paroisses *, où elle servait à entretenir treize maîtres et maîtresses dont le total des allocations dépassait de plus de 50 1. le montant de la fondation.

-Mais le plus généreux bienfaiteur des écoles du Chapitre fut M. Lefèvre d'Eaubonne, chanoine de Notre-Dame, mort en mai 1764. Il laissa une rente de 8.907 1. 3 s. 5 d. abandonnée, comme celle de M. Delaître, à la libre disposition du Chapitre 2. Près de quarante paroisses, sans compter celles de Paris, avaient

1. Andrésy (maître : 10 1.) ; Aubergenville (maître : 301.; maîtresse, 501.); Belloy (maître, on !.: maîtresse, 50 1.): Guercheville (maître, 50 1.); Jouy-le-Moutiers (maître, 30 1.; maîtresse, 101.); Larchant (maître, 101.); Machau (40 l.);Mézièrea (maître, 76 1.; maîtresse, 50 L); Vernon (maître, 401.).

Je donne à M. Dorsanne, dit-il dans son testament, le reste de tous mes biens sans en excepter aucuns pour être employés à l'instruction de la jeunessedes villages et bourgs du diocèse do Paris les plus pauvres et les plus dénués de tout: pour acheter les livres et catéchismes et les autres choses nécessaires pour les écoles : pour payer les rétributions des maîtres et maîtresses; en fonder quelques-unes, s'il le juge à propos, comme aussi pour faire des établissements des maîtres et maîtresses; pour être distribués dans les lieux qu'il jugera a propos sans distinction de diocèse; enfin d'employer tout ce qui reviendra de ces biens uniquement a ce qui regarde l'instruction de la jeunesse. ■ Arch. .\W.. S. 7051-7052.

part dans cette fondation, qui servait à compléter le traitement de quarante-quatre maîtres et maîtresses; les écoles de Paris, du Temple à Paris, d'Issy, de Margeney, de Soisy, de Tremblay, auxquelles « le Chapitre portait un intérêt tout particulier », étaient presque complètement entretenues par les revenus de ce legs l. L'excédent, qui atteignait chaque année plus de 2.500 1. 2, était distribué très sagement aux maîtres nécessiteux ou était employé à constituer une retraite convenable aux vétérans de l'instruction.

Contrairement aux désirs de M. Delaitre, que d'ailleurs il respecta scrupuleusement, le Chapitre aimait à mettre un prêtre à la tète des écoles, et pour encourager les ecclésiastiques à accepter une aussi noble mission, il leur accordait volontiers un supplément de traitement : « au maître d'école de Leudeville, qui est prêtre et à cause de cela, une augmentation de traitement de 00 livres3 ». Les maîtres n'avaient pas non plus inutilement recours au Chapitre dans les moments critiques et difficiles de la vie : « aux maîtres et maîtresses d'école de Bagneux il est accordé un secours de 75 livres ». Leur situation ne s'améliore pas et, quelque temps après, le Chapitre consent à leur faire une avance de 75 livres4. Quoi de plus touchant que sa charité à l'égard du nommé François Michel! Le malheureux jeune homme, âgé de dix-sept ans, originaire de la paroisse de Machau dont le Chapitre était seigneur, était orphelin de père et de mère et manchot de la main gauche. Dès son jeune âge , il fut recueilli à la Pitié, devint enfant de chœur à la Salpètrière, et, comme il montrait quelques aptitudes pour l'enseignement,

1. Les autres paroisses, qui, en 1790, avaient part dans la fondation d'Eaubonne, étaient : Andrésy, Aubergenville, Bagneux, Blanc-Mesnil, Bonneuil. Chevilly. Compans, Epône, Ferrières, Fresne-les-Rungis, Guercheville, Jouy-le-Moustiers, la Xorville, Larchant, Leudevide, Macb.au, Mézières, Morcourt, Mory, Moussy-le-Neuf, Noizeau, Orly. Kosoy, Rungis, Suey, Vauréal. Vernon, Villaroche et Réau, Villiers-le Sec, Wissous, toutes situées dans les domaines du Chapitre. Six paroisses étrangères étaient aussi secouru* is : fgny, Séry, Sève, Tury, Yerlegrand, Vaucresson.

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