LE CHAPITRE ET L'ASSISTANCE PUBLIQUE
Fondateur de l'Hôtel-Dieu, comme il l'avait été des premières écoles, le clergé de Notre-Dame n'avait pas aussi bien conservé dans l'Assistance publique la place importante qu'il y occupa longtemps.
L'administration de l'Hôtel-Dieu appartenait autrefois tout entière au Chapitre de Notre-Dame, tant pour le spirituel que pour le temporel; mais, en 1505, la direction temporelle fut commise, par arrêt du Parlement, à des administrateurs laïques.
En 1790, le Chapitre était seul supérieur spirituel de l' Hôtel- Dieu; il y exerçait sa juridiction par trois députés, qu'il nommait an chapitre général de la Saint- Jean, et qu'on appelait MM. les Visiteurs. Les derniers furent MM. de Montagu, des Fieux et Chevreuil.
L'Hùtel-Dieu était desservi au spirituel par vingt- quatre ecclésiastiques, dont huit pour le chœur, treize pour les salles, un confesseur pour les étrangers et les domestiques, et un sacristain. Le premier de ces ecclésiastiques était appelé Maître de T Hôtel-Dieu, et était, ainsi que tous ses confrères, sous la juridiction immédiate du Chapitre. C'est lui qui les nommait, les installait au chœur de Notre-Dame et dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu et les convoquait à son Synode annuel.
Les religieuses reconnaissaient aussi le Chapitre comme supérieur et faisaient profession entre les mains du Doyen. Les actes, signés des professes, étaient conservés dans les Conclusions capitidaires au même titre que les Lettres de canonicat.
« Je, sœur N , voue et promets à Dieu, à la Bienheureuse
Vierge Marie, au glorieux saint Jean-Baptiste, à notre Bienheureux Père saint Augustin et à vous, mes Très Révérends Pères, Pauvreté, Chasteté, Obéissance et Service aux pauvres ma-
dû être complètement utilisés, puisque l'annuité accordée à Saint-Denis est augmentée de 100 lianes et i|iie. en 1789, il alloua à un autre enfant de chœur, de L'Étang, une somme de 300 1. réalisée « sur les économies faites sur les revenus ■■.
loi LE CHAPITRE DE NOTRE-DAME DE PARIS EN 1700.
lades tous les jours de ma vie en l'Hostel-Dieu de Paris ou ailleurs, si par vous il m'est enjoint, gardant la règle de saint Augustin, accommodée à notre Saint Estât par les Statuts et Constitutions faites de l'autorité de vous, Messieurs les Révérends Doyen et Chapitre de l'Église de Paris, supérieurs de cette maison. »
« Témoin mon seing manuel cy-mis. »
« Ainsy soit-ii à toute éternité. »
Les religieuses de l' Hôtel-Dieu pénétraient dans le Cloître à la mort du Doyen. La veille de l'enterrement, toutes, en habit de chœur, venaient dans la chambre du défunt, accompagnées d'un chanoine-visiteur. Celui-ci commençait le De Profanais que les religieuses continuaient, puis il disait l'oraison et jetait avec elles de l'eau bénite sur le corps. Les religieuses allaient ensuite à Notre-Dame faire leurs prières devant la chapelle de la Sainte- Vierge, pendant que la Mère Prieure, la Sous-Prieure et deux autres Sœurs restaient dans la chambre du défunt pour procéder à l'ensevelissement.
Le Chapitre se montrait toujours fort généreux à l'égard des pauvres et des institutions charitables : nous avons vu dans les pages précédentes les nombreux secours qu'il accordait aux maîtres d'école en détresse; il aimait à montrer qu'on ne s'adressait à lui jamais en vain. En 1788, la requête venait du Roi lui-même : désirant alors multiplier les hôpitaux dans Paris, il lit appel à la générosité des grands corps ecclésiastiques et laïques pour couvrir la souscription. Le Chapitre, pour sa part, vota 30.000 livres!
« J'ai mis sous les yeux du Roi, écrivit à cette occasion le baron de Breteuil à M. de Montagu, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire et par laquelle vous m'informez que, sur le prospectus relatif aux hôpitaux, votre Compagnie vient de souscrire pour 30.000 livres. Sa Majesté m'a chargé de vous témoigner qu'elle a vu avec une véritable satisfaction ce nouveau