‹ Le chapitre de Notre Dame de Paris en 1790Chapitre 75 sur 130 · PAR RAPPORT A LA RELIGION · texte numérisé non relu

PAR RAPPORT A LA RELIGION

1 ' Conservation du culte public. — Nous entendons conserver dans son intégrité le précieux dépôt de la Religion, qui nous est spécialement confié en qualité de ses Ministres, et rejeter tout ce qui pourrait y porter atteinte, ainsi qu'à la solennité et à la décence du culte public, qui doit être exclusivement réservé dans toute l'étendue de ce royaume à la religion catholique, apostolique et romaine.

2° Conciles provinciaux. — Nous supplions le Roi très humblement d'accorder à l'Eglise de France la tenue des conciles provinciaux à l'effet de rétablir et d'entretenir dans toute sa vigueur la discipline ecclésiastique, de manière que la convocation desdits conciles puisse se faire sans longs délais, sur la demande et selon les besoins de chaque métropole.

3° Maintien du droit public ecclésiastique. — Nous supplions pareillement Sa Majesté de maintenir l'exécution de toutes les lois et ordonnances reçues dans le royaume, qui en forment le droit public ecclésiastique et canonique, et que les rois, ses augustes prédécesseurs, ont marqué du sceau de leur autorité.

4° Progrès de l'irréligion et du vice, causé par la licence de la Presse. — Pénétrés d'une douleur profonde à la vue du dépérissement affreux de la Religion et des mœurs dans tout le royaume, et surtout dans cette capitale, nous adressons à Sa Majesté les plus vives et les plus humbles représentations sur la cause funeste et trop connue du renversement déplorable de tous les principes. Il provient évidemment de la multitude scandaleuse des ouvrages où règne l'esprit du libertinage, de l'incrédulité et de l'indépendance, où l'on attaque avec une égale audace

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la foi, la pudeur, la raison, le trône, l'autel ; livres impies et corrupteurs, répandus de toutes parts avec la profusion et la licence les plus révoltantes, auxquels on ne saurait opposer trop promptement les digues les plus fortes.

5" Rétablissement de l'éducation publique. — Les maux, dont nous sommes les témoins et qui menacent encore plus les générations futures, nous portent à demander avec instance à Sa Majesté de prendre des mesures efficaces pour rendre à l'éducation publique l'éclat et l'utilité dont elle est déchue : plusieurs de ses principaux établissements n'existent plus; ses sources les plus fécondes se sont presque taries de nos jours et n'ont été remplacées dans la plupart des villes, où elles procuraient tant d'avantages à la Religion et aux Lettres, que par des institutions obscures, privées, faibles, éphémères et suspectes1.

6 Protection en faveur des ordres religieux. — Nous osons solliciter de la bonté et de la piété du Roi une protection particulière pour les ordres religieux de l'un et de l'autre sexe, qui subsistent dans le royaume. Sous les heureux auspices de sa faveur et de son autorité, nous espérons voir fleurir et se vivifier de plus en plus ces saints Instituts, utiles à la Religion, au bien de l'Etat, aux familles indigentes, à la subsistance surtout des pauvres de la campagne.

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