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Le Chapitre des informations, comédie en un acte

SOll’M.KT, asfil près rie la parle à pauahe, et prêtant Vanille. Ils parlent si bas, qu’il est impossible d’eulendre... Mais qui vientl.'i?

raOSPEll, enlnuit, à la canlonnode. Ne déranges peisoniir... j’attendrai...

SOtiPPLET. Eli ! bonjour, Prosper...

bonjonr, mon ami!..

pnosPEii. Encliantc de te voir, mon clicr Soiipplet!..

SOUPPLET. Est-re que tu viens passor la soirée clies M. Denisart?., ce serait un extra... loi qui ne danses jamais, cl qui rentres de bonne beurc...

pnosPKB. Aussi je ne viens pas positivement pour le bal... Et toi, par quel hasard es-tu seul.'... J’aurais parié en te voyant que M~* Launoy était ici...

SOVPPLKT. Ab ! c'est méebant !.. est-ce que tu deviendrais méchant?..

PBOSPBB. 11 est de fait que tu es toujours avec elle...

SOUPPLET. Dis plutôt qu'elle est ton- ''«irs avec moi b. je ne puis lui échapper...

Aujourd’hui encore, il m’a fallu l’accompagner jusqu’ici... dans sa voiture, car elle a voiture... c’est son beau côté... et maintenant elle est enfermée dans cette chambre... (iV indique la gauehe) avec son beau-frère, M. IJenisart... ils sont en conférence secrète, et moi, on m’a laissô i la porte comme un joli garçon!,.

PROSPER. Cette confépeoce pourrait bien me concerner, ils s’occupent sans doute de moi...

SOtPPLET. Ail! vraiment?.. M“* Launoy te protège aussi?.. Ça ne m’étonne pas... elle est d’uue obligeance!... Puisje s.-irnirde quoi il s’agit... sans indiscrétion?.. Peut-être une place qu’elle veut te faire obtenir ?..

PRO.sPF.R. Non pas!., il est question d’une fi'inine... d’un mariage...

soi'i’PLET. D’un mariage!...

rnospER. Oui, mon ami, depuis longtemps, j’avais le désir de me marier...

SUI'PPLF.T. Toi , simple employé dans lin ministère... prends garde, cela pourrait nuire à ton avancement.

PROSPER. J’ai pris mon parti lA-dessus...

je u’ai pas d'ainoition... mais, orplielin,

LK MAUASIM THKATKAL.

« ^(oV\ .

et pour ainsi dire sans fortune... je n’osais porter mes vues sur personne... Voilà pour<inoi j’ai eu recours àM. Denisart...

aux soins ducpicl j’ai été confié à la mort de mon père... Il a consulte M“' L iunoy, et celle-ci m’a tiouvé siir-le-cliainp im parti très-avantageux...

SOVPPLET. Ail ! c’est elle qui t’a trouvé sur-le-rliamp... De mieux en mieux!...

l.a jeune pei sonne est de Paris... sans indiscrélion ?..

pnospr.n. Non!., de province... Sa famille liahite le llerry... où M. Denisart a été autrefois receveur-général... C'est lui qui a fait la demande au père... et nous attendons la réponse...

SOLVI'LF.T. C'est une traliison !.. je suis furieux !.. non pas contre toi, mon ami...

mais contre .M“" Launoy... car enfin, si j’ai rlicrclié à lui plaire, ce n’est pas par amour... il n’en a jamais été question entre nous... son âge est une sauvegarde.

pnosPEn. Quel âge a-t-elle donc?

SOtPPLET. Il y a trente ans qu’elle est veuve... et je me suis altaclié à elle, parce qu’elle est très-riche... très-intrigante, très-considércc... J’avais bâti là-dessus des plans magnifiques.

A.IR du

L*cxpcricncc a su nous le prouTOT ,

Ou réussit , appuyé par les dames ;

Et je Toulub j)Our mVlerer Employer Techelle des femmefi.

liais le moyen a manque son effet ,

El cVsl ma faute , hélas î j’en fais IVpfcnvc.

Car dcshoimears pour monter au suiimiot, J*aaraia du prendre une échelle pins neuve.

U faut une échelle plus neuve.

pnosPEft. N’cst-cc pas à son crédit que tu dois déjà la place que tu occupes?..

souppLET. Qu’est-ce que c’est qu’une place, quand on est apte à tous les emplois?.. il en faut plusieurs, on ne peut vivre à moins... et j’espérais surtout qu’elle me trouverait une femme , une riche héritière... ça lui est si facile, à elle qui est liée avec tous les héritages de Paris et des environs!... eh bien! non... Flattée d’avoir à sa suite un jeune homme vif, es-

E iègle, et bon enfant... elle a une peur orrible que je n’échappe à sa tyrannie ; car elle a pris sur moi un empire ... il faut voir comme elle me traite !... Elle m’envoie chez ses marchands... ses fournisseurs, chez tout le monde... et ça n’est pas réciproque... moi, je u’ose pas l’envoyer où je voudrais...

pnOSPER. Je le pense bien...

SOUPPLET. J’ai besoin de la ménager.. i ce serait une ennemie tiop dangereuse...

et pourtant je veux en finir une bonne

fois!., elle m’a déjà fait manquer trou mai i.agcs .. ça devient abusif.

rnosPER. Ta colère est tout-à-fait légitime...

.SOUPPLET. Aussi j’ai chargé une autre personne de me déterrer une dot... mon oncle, le chanoine; il est tres-babile dans ce genre de découvertes... et si tu te maries bientôt... moi, je ne tarderai pas...

ou je iiic croirai victime de la fatalité.

rnosPER. Ah ! mon ami ! le mariage qu’on me propose ne me rend pas aussi heureux que tu pourrais le croire...

SOUPPLET. En vérité!.. Comment cela?

PROSPER. Tu vas te moquer de moi...

SOUPPLET. Je devine... tu es amoureux ! . .

PROSPER. Je le crains.

SOUPPLET. Depuis long-temps?

PROSPER. Depuis hier au soir.

SOUPPLET. L'ne passion subite... A-telle de la fortune ?

PROSPER. Je l’ignore... J’étais à l’Opéra, dans une loge, avec deux dames inconnues , dout l’une âgée et respectable...

SOUPPLET. Et l’autre, jeune et jolie ?...

PROSPER. Et si douce... si aimable !...

nous avons causé ensemble... enfin, mon cher, elle a fait sur moi une impression...

SOUPPLET. Profonde!., c’est pastoral...

c’est de l’idylle toute pure...

PROSPER. Je ne croyais pas qu’on pût aimer aussi vite.

SOUPPLET. Ça n’arien d’extraordinaire., à l'Opéra.

PROSPER. Mais c’est un enfantillage...

je lie la reverrai peut-être jamais... Du reste, le mariage qu’on me propose me convient... et après tous les soins, toutes les démarches de M. Denisart...

SOUPPLET. Silence!., le voici avec mon tyran...

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