SCENE 'XV
Les MiiiEs, JADELOT.
JADELOT, arrivant entre les deux. Ah!
Denisart, je courais après toi... mais lu i n’es jamais 1A où on te cherche. ..
LE HtGlSni TBflTIlL.
DENIK4KT. Pourquoi ne nie clicrclies-tu pas où je suis? Tii parais de mauvaise Iiiimeur!.. Esl-ccqu’oii l’aurait fait galoper malgré toi?
JADKI.OT. Je crois plulât qu’on me fait aller... les infoniiations me tracassent...
nul ne veut m’eu donner de positives...
et toi-niêine, au lieu de me conter sur M. Prosper un tas de balivernes...
DEMS.ViiT. Tu vas encore revenir làdessus... suis-je cause si tu u’enteuds pas la plaisanterie?
JADF.LOT. Il n’en est pas moins vrai que les renseignemens que tu m’as donnésm’ont laissé contre ce jeune homme une prévention fâcheuse.
DENISART. Ah ! par caeinple, c’est trop fort ! et parce que tu as l’esprit mal fait , ce n’est pas une raison pour me brouiller avec mes amis, avec monsieur qui est l’intime de Prosper , et qui pourrait s’imaginer...
PROSPER. Oli ! rassitrer-Toas, je suis loin de supposer... et pour ma part, je ne puis qu’approuver voire réserve.
DENISART. Comment! ma réserve?...
mais c’est que je n’y ai mis aucune réserve, je vous en donne ma parole.
PROSPER. En tous cas vous avez bien fait de ne pas trop vous avancer.
DENISART. Mais silencc, jeune imprudent, on ne vous interroge pas.
JADELOT. An contraire, je suis bien aise d'avoir aussi l’avis de monsieur. {A Denlsnrt. ) Et toi , à bas les mains! pas de signes Irlégraphiques.
PnOSl'ER , (i part. Bravo ! ça va rompre mon mariage avec M”' Jadelot. (Haut.) Je suis l’ami de Prosper, mais je ne m’abuse
pas sur ses défauts... il en a de graves
de très-graves. .
DENISART. C’est fsDX... VOUS en imposez, jeune homme.
PBOSPER. En conséquence , je suis persuadé qu’il ne ferait pas le bonheur de celle qu’on lui destine.
DENISART, has à Prosper. Mais taisezvoii.s donc ! laisez-vous donc !
JADEI.OT. Tu l'entends, Denisart, c’est bon à savoir. (A part.) La franchise de ce jeune homme me plaît.
DENISART. Mon ami , n’en crois pas un mol, je l'eu conjure; monsieur a le cerveau frappé. Je suis sûr qu’au fond il pense le
plus grand bien du Prosper et si je te
disais ce qui le fait parler ainsi...
JADELOT. Quoi donc?
DENISART. Eh bien ! il est son rival !
(>< part.) Tire-toi de là.
JADELUT. Son livall
PROSPER. Monsieur... que dites-vous?..
DENISART. Oui, il est son rival...
Aia de VÊcu de six francs.
Mais leur amitic me rassure.
Car rien ne saurait la troubler,
Et ponr son ami, sans murmure.
Monsieur est prêt i s'iismolcr,
Il est tout prêt ik s’immoler.
Il a beau fuirc le fcioce,
Crois-ruoi, mon cher dans tous les cas,
Prosper ne se mariera pas
Sans que monsieur soit de la noce.
PROSPER. En vérité , monsieur Denisart...
DENISART. Assez, monsieur, assez ; vous perdez la léte.
JADELOT. Lnissc-le donc achever.
DENISART. Non ! j'espère que les paroles d’un jeune insensé ne prévaudront pas sur les miennes. . . sur celles de ma belle-sœur. ... en qui on peut avoir toute confiance... el si je pouvais seulement lui dire deux mois à l’oreille...
JADELOT. Je ne demanderais pasmieiix . . .
mais je dois te prévenir que ta bclle- SŒur...
DENISART. Eh bien?
JADELOT. Eh bien ! c’est elle qui m’a dit le plus grand mal de ton protégé.
DENISART. M"' Launoy... je ne croirai jamais rcla.
JADELOT. Sans le vouloir... et avec la meilleure intention du monde... mais la mauvaise opinion que j’avais déjà , monsieur vient encore de la confirmer ,.
DENISART , à part. C’est à se donner au diable...
PROSPER , à part. Comptez donc sur les protections. .. Ueureu-sement ça m’arrange.
(M"» Launoy entre.)