SCENE III
PROSPER, M- L.4UNOY, DENISART.
il~* LAUNOT. Le voilà parti... Je l'éloigne avec intention... il est si curieux, ce
S eut Bénédict... cela pourrait lui donner es idées... Mais parlons de vous, monsieur Prosper. . . Nous avons d’excellentes nouvelles...
PkOSPER. La réponse de M. Jadelot à donc été favorable?
DBNISAHT. Cela ne pouvait pas être autrement. Mon ami Jadelot ne peut pas vousdire : Voilà malille. . . épousez-la... je vous en serai infiniment obligé... la dignité paternelle exige d'autres préliminaires.
PROSPER. Je suis trop juste pour ne pas m’y soumettre.
DENISART. Sachez donc qu’il a chaîné un de ses compatriotes , M. Champigny , qui se rendait à Paris pour affaires , de prendre sur vous tous les renseignemens , toutes les informations qui sont d’usage eu pareil cas.
PROSPER. Sans amour-propre , je ne vois rien U qui doive m’effrayer...
DENISART. Ah ! vous n’avez qu’à vous bien tenir, jeune homme...
*”* I.AUNOV. Ce n'est pas tout... M.
Clianipigny est arrivé hier... et mon frère qui le counait aussi l’a invité à sa soirée... PROSPER. Il va venir?
li~'LAiniOY. Nous l’attendons...
DE.NISART. C’est un piège que je lui ai tendu... Au milieu de cette réunion nombreuse , où vous n’aurez que des amis , c’est bien le diable si les informations ne sont pas toutes à votre avantage.
PROSPER. Je vous remercie, mais j’avoue que sa présence va ni’eiiibarrasser. Il aura toujours les yeux sur moi... Je serai en butte à ses observations, et, sauf meilleui avis, je crois plus convenable de me retirer.
DENISART. Du tout!... Cela peut s’arranger .. il ne vous connaît pas, je lui dirai que vous êtes absent... je trouverai une excuse... et votre incognito compliquera la situation... Ma soirée sera fort gaie...
M"' LAl'NOY. Mon frère ne »oit ici qu’une occasion de s’amuser.
DENISART. C’est que rien n’est amusant comme le mariage , et puis ce Champigny a la manie des inforinaiioiis... C’est ridicule. . car enfin, un gendre présenté par moi... ca devrait lui sufiirc, et je ne suis P. 1 S fâché de me moquer de lui... de rire un peu à scs dépens...
ll“* LAVNOY. Pour ma part . je réponds de tout... je dirai de M. Prosper encore plus de bien que je n’en pense... ce sera difficile... mais tout est possible à l'amitié.. . au suiqilus, je sais d’avance le langage qu’il faut tenir à M. Jadelot.
DENISART, à part. Allons... elle oublie déjà qu'il ne veut pas être connu. {Haut.) D'uboid ce n’est pas à lui que vous aurez affaire... c'est à Clianipigny.
«"’• LAUNOV. N’est-ce pas la même chose ?...
Aia : Que if elabtUiemeus lutuveaiij:.
Ces messieurs se rcisctiiblenl loiu ,
Ils ont UD raim , de lu rirhessc , luis éblouir , nutler Icms (loùts ,
Voilll ce qui les intéresse..
Non , ches eux , ce n'est |ius le coeur Qu'il faut toucher |mar les cunvuiiicre.
DB.eiSAhD. oicc ieaîaiUene.
Tant pis , de ce cdté . ma so'ur ,
Vous seriez bien sAr de vaincre.
lAUNOY. Trêve de plaisanteries...
je vous en conjure... et que M. Prosper soit bien persuadé que nous l’appuyerons de tous nos moyens.