‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 103 sur 191 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le chapitre général étant une institution il présente un caractère permanent, qui s’accuse par la périodicité de sa tenue. Une première question s'offre donc à notre étude : la fréquence des sessions du chapitre. Une autre question est voisine : celle de la date et du lieu de réunion. Après avoir examiné où et quand le chapitre se réunit, il faut étudier sa composition. Nous rappellerons ensuite comment sont convoqués ses membres, combien de temps ils restent groupés, ce qu'ils font ; nous n’aurons pas à nous attarder sur ce sujet, si ce n’est sur la question des présidents. Nous grouperons donc les idées de ce chapitre en trois sections : fréquence, date et lieu du chapitre général; membres ; procédure.

Section 1 Fréquence, date et lieu

Pour beaucoup le chapitre est annuel. C’est assez normal car l’année, qui renferme le cycle complet de la liturgie, constitue pour l'Eglise la mesure de ses efforts, comme pour tout homme le cycle des saisons. La Charte de Charité établit la règle de l’annualité du chapitre, qui passe à la plupart des ordres, Prémontré, Chartreux, Val-des-Choux, Grandmont, Saint-Victor, Arrouaise, etc, comme aux

groupes bénédictins, anciens et nouveaux, Cluny, Camaldules, Silvestrins, Olivétains.

Nous avons vu les efforts de quelques papes pour imposer la même règle au chapitre provincial. C'était beaucoup demander de ceux pour qui le chapitre général est originairement quelque chose d’extérieur à leur organisation. Le concile de Latran 1215 se contente de la triennalité, comme plus tard Benoît XII, qui ira jusqu'à établir le chapitre quadriennal des provinces canoniales. Théoriquement, la triennalité doit être comprise de la façon suivante : une année vide s’intercalle entre deux chapitres consécutifs. Pratiquement l'interprétation contraire l'emporte : deux années vides suivent chaque chapitre. Il y a là, peut-être, une influence dominicaine.

En effet les frères prêcheurs combinent la règle de l’annualité et la règle de la triennalité:ils tiennent chaque année un chapitre général, mais la composition de celui-ci varie dans le cycle de trois ans. D'ailleurs cette cadence peut être interrompue en cas de disparition du maître général après la saint Michelt.

Les autres ordres mendiants, tout en s'inspirant beaucoup des Prêcheurs, n’adoptent pas la règle de la composition variable du chapitre : ils simplifient le système en bloquant dans un seul les éléments des chapitres dominicains. Ainsi font les Carmes et les Ermites de Saint-Augustin.

L'’annualité garde cependant des partisans. Les frères mineurs l’ont pratiquée un certain temps, et par la suite la triennalité n’est qu’un minimum consacré sans doute par la pratique, mais que le ministre général a toujours le droit de dépasser. Les Servites tiennent leur chapitre annuellement.

Nous pouvons donc conclure que le chapitre général est normalement annuel ; cependant des religieux se contentent d’une fréquence plus large, souvent de trois ans. Pour être complets, il nous faut ajouter quelques remarques à la suite de l’énoncé du principe.

Une première remarque se réfère plus au fait qu’au droit ;

Page 1