III. Pouvoir judiciaire du chapitre général
En donnant aux visiteurs nommés par le chapitre provincial bénédictin la mission de visiter, corriger, réformer, Innocent IIT entendait sans doute accorder au chapitre aussi ces mêmes pouvoirs, et en fait c’est ainsi que l’ont entendu les Bénédictins. Il était dans la pratique du chapitre général que celui-ci jugeât souverainement dans l’ordre. Corroborer l’action des abbés pères et terminer les différents entre abbayes concourait à établir le bien de la paix et de la charité. Nous avons vu le rôle disciplinaire du chapitre général ; 1l nous faut préciser son rôle judiciaire proprement dit. Nous serons obligé de revenir, en certains points, sur le rôle disciplinaire car ils ne sont pas toujours nettement séparés l’un de l’autre.
Originairement corriger un abbé et régler un différend entre monastères est considéré comme la même chose, l'exercice de la justice en vue de faire régner l’ordre êt la paix. C’est pourquoi le chapitre général décide souverainement et de la peine à infliger à l’abbé qui par une faute grave a mérité la suspense ou la déposition et de la solution à donner aux querelles qui s'élèvent entre abbés ?. A Cluny toutes les affaires pendantes au tribunal de l’abbé au moment de l’ouverture du chapitre général sont remises à celui-ci] 5.
Le chapitre exerce en principe sa fonction de justicier en assemblée générale, ce qui présente l'avantage de donner plus de solennité à l’affaire et plus d’autorité à la décision.
1. À Cluny le chapitre général examine certaines affaires, puis ajoute « cetera per visitatores sunt expedita ».