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CHAPITRE IV

Dans les chapitres précédents nous avons souvent associé les deux termes d’ordre et de chapitre général. C’est qu’ils s’accompagnent l’un l’autre, mais pas nécessairement. Il peut y avoir ordre sans chapitre général : tel était le cas de l’ordre clunisien aux débuts ; il peut y avoir chapitre général sans ordre, dans un certain sens, tel le chapitre provincial des Bénédictins ou des chanoines réguliers. Une précision d’ailleurs s'impose, celle des diverses nuances d’ordre: Remarquons que les documents de notre époque ne donnent à ce mot un contenu ni précis ni technique ; nous devons dans chaque cas comprendre à quoi se réfère l’auteur. Dans son acception la plus large, l’ordre désigne un ensemble de maisons suivant la même règle. Elles peuvent de plus se conformer aux mêmes observances, puis posséder un organe commun, puis cet organe commun peut être revêtu de l’autorité universelle, au moins dans certains cas. Enfin l’ordre peut désigner un ensemble de maisons avec un supérieur unique exerçant l'autorité générale. La congrégation non plus n’a pas dans notre période de sens technique : tantôt elle désigne une simple réunion, tantôt un ordre. Tout juste peut-on voir dans certains cas une nuance dans l’origine : l’ordre se développerait par essaimement et la congrégation serait composée par l'union de monastères déjà existant. Par conséquent les maisons qui composent un ordre peuvent se grouper, comme les éléments de toute société organisée, sur le type d’une confédération, ou d’un

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état fédéral, ou d’un état unitaire et dans ce cas d’après la forme monarchique, aristocratique ou démocratique.

L'ordre n’est cependant pas un état dans l’état, car l'Eglise ne peut être qu’une. Religieux et maisons religieuses sont indubitablement soumis à l'autorité : en principe ils dépendent obligatoirement de l’évêque !. Cependant les droits de celui-ci, à leur égard, sont limités. Par conséquent les monastères jouissent de l'autonomie, et aussi l’ordre qui est la réunion des monastères entre eux. Il se peut qu'une abbaye soit exempte, mais ça ne change rien : l’exemption substitue le pape à l’évêque, il y a simple transposition ; elle peut avoir quelqu’influence sur l’organisation externe de l’abbaye, dont la situation interne reste la même.

Ce qui modifie l’organisation interne c’est l'existence de l’ordre. En effet, l’ordre étant une union, il exige une organisation commune. Il introduit donc quelque chose de nouveau dans la constitution de l'Eglise et dans la constitution du monastère. On ne conçoit pas un ordre, ou congrégation, sans un organe assurant la cohésion, ce qui suppose, pour lui, un minimum d’autorité. Deux problèmes se posent donc à ce sujet : quel est cet organe ? de quelle autorité jouit-il ? ou bien, puisque nous traitons du chapitre général : le chapitre général est-il un organe ayant autorité dans l’ordre ? quelle est l’autorité du chapitre général ? Nous donnerons la réponse à ces deux questions par l’étude de deux sectons : le chapitre général est l’un des organes du gouvernement intérieur d’un ordre ; il est le véritable supérieur de l’ordre.

Section I

Le chapitre général est l’un des organes du gouvernement intérieur d'un ordre religieux

L'autonomie s’assimile au « jus statuendis ». Elle est « la capacité législative, accordée expressément ou tacitement à des communautés ecclésiastiques reconnues comme

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