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peut distinguer trois phases dans l’histoire du chapitre général. Au XIIe siècle, il présente un caractère plutôt privé bien que dès le début il s’avère un organe puissant avec qui entrent en rapport des évêques, des princes, le pape. Au début du XIIIe siècle, lorsque la vie politique des Etats se précise, Innocent III se trouve à l'apogée de la puissance pontificale. « Ses successeurs sont conduits à modérer peu à peu leurs prétentions en matière temporelle, quitte à intensifier leur action spirituelle »1. A la fin de sa vie on dirait que déjà il le devine : il renforce l’organisation de l'Eglise, dont il répartit le clergé en deux masses : les séculiers, qui tiennent un synode annuel, et les réguliers, qui se réunissent, à défaut de chapitres généraux, en chapitres provinciaux triennaux ?. Il consacre donc une double troupe avec un seul chef, le pape. Puis le gouvernement de chaque branche évolue vers un régime plus administratif, accompagné d’une certaine déconcentration. En ce qui concerne les réguliers le chapitre général est la pièce centrale de leur gouvernement : placé à la tête d’un ordre il dirige, avec une autorité plus ou moins absolue, religieux, moniales, tiers ordre, en même temps que sont établis près de lui divers personnages qui secondent le pape : cardinal protecteur, procurateur, juges apostoliques, etc. que nous pouvons qualifier de fonctionnaires pontificaux du chapitre général.
Ainsi le pape s’attachant les religieux directement peut les mieux utiliser ; 1l y trouve un surcroît de puissance. Ce n’est cependant pas tout à fait sans inconvénient. Panormitain compare le chapitre général et le concile : de même que les prélats d’une province forment une université, de même dans le concile général les prélats de chaque nation forment entre eux une université, mais ensuite en assemblée générale 1ls constituent un seul collège seulement »3. Cette idée de rapprocher le concile général du chapitre provincial et par conséquent du chapitre général est juste : elle ne porte pas seulement sur le mode de décision, mais aussi sur la nature de ces institutions. Par l’histoire de ses origines,