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CONCLUSION

sensiblement aussi fréquentes d’une année à l’autre; le chapitre général ne semble guère avoir freiné la décadence progressive qui atteindra son maximum aux XIVe, XVe siècles à l’intérieur des cloîtres comme à l'extérieur.

Il ne réussit pas non plus à maintenir l'unité. Certains ordres sont obligés à composition avec des supérieurs qui refusent de se rendre au chapitre : à Prémontré et à Arrouaise par exemple ; Grandmont est pendant quelques temps divisé en deux chapitres généraux ; et même, dès 1238, Clairvaux et Morimond se liguent plus ou moins ostensiblement contre Citeaux.

Le moins qu’on en puisse conclure est que le chapitre général réussit assez mal. Il répondait pourtant à un besoin. Il était donc imparfait ; le mouvement des congrégations bénédictines au XVE siècle montrera qu’on peut le perfectionner. Par contre le mouvement de réforme qui dans les ordres proprement dits aboutira presque partout à la division en stricte et en commune observances prouve que le chapitre général par lui-même ne vaut pas grand chose. Déjà, à notre époque, on devine çà et là un mouvement d’opposition au chapitre général.

Au moment où il paraît, le chapitre général est nécessaire, seul il permet l’union entre monastère et le respect de l’autorité du supérieur local. Mais peu à peu il accapare toute puissance dans l’ordre et en même temps devient une assemblée où certains cherchent à se créer des influences. D'autre part, des sujets se joignent aux supérieurs pour former le chapitre de l’ordre; bientôt s’ajouteront des gradués. A force de rechercher la « discrétion » le nombre se substitue à la qualité, à l’autorité. C’est au détriment de la force du chapitre général, car c’est accentuer ce qu'il a de dangereux en lui. La prudence ne défend pas de se rassembler pour se défendre contre le mal, qui menace de l’extérieur et à l’intérieur, mais on se trompe à croire que le chapitre général, parce qu'il se trouve réuni, maintient la discipline. Il ne vaut que par la charité qui l’anime : dans la vie régulière plus que dans toute autre le divin doit primer l'humain.

Le chapitre général est utile surtout lorsque la juridiction

épiscopale se trouve paralysée ; il n’est pas nécessaire. Un corps ne peut pas être supérieur à un individu; il n’a de valeur que par les individus qui le composent. Pour que fleurissent les cloîtres rien ne prime l'autorité paternelle du supérieur local, commandant « même l’impossible » à ses sujets, mais « craignant Dieu », car ce système, établi à l’image de la constitution de l'Eglise, elle-même instaurée sur le plan divin, est le plus apte à l'épanouissement de la vie que choisit le religieux.

Panormitain comparera le chapitre général au concile général : l’un a peut-être contribué à amener l’autre, en tous cas ils représentent dans une certaine mesure une attitude semblable. La condamnation du mouvement conciliaire peut rejaillir en partie sur le chapitre général. Le principal tort du chapitre général est de soumettre les supérieurs à un corps, d’amoindrir l’autorité. Ilne peut pas longtemps parer aux défaillances de celle-ci car si elle faiblit c’est que la tiédeur s'empare des religieux et dans ce cas il n'y a rien à faire, aucune institution humaine n’y portera remède. Disons donc que le chapitre général peut simplement être utile, s’il se contente de rester l’organe d’une charité entre maisons religieuses, respectueux de l'autorité du père, que rien ne saurait remplacer.

Vu : pour le Doyen, l’assesseur, Vu : le Président de la Thèse, G. RIPERT, LE BRAS.

Vu et permis d’imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris, S. CHARLÉTY.

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