‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 25 sur 191 · V. « de correctione abbatum et fratrum ordinis · texte numérisé non relu

V. « de correctione abbatum et fratrum ordinis

La partie qui nous intéresse spécialement est la troisième. Voyons ses principales dispositions. Chaque année à Citeaux

1. W.A. Parker Masson, « The beginning of the Cistercian Order », in Transactions of the Royal Historical Society, N. Ser., XIX, p. 202; Müller, Cistercienserchronick, t. XII, p. 155 et suiv.

2. A en croire Dom J. Othon Ducourneau, Revue Mabillon, 1933, pp. 186- 189, la Charte de Charité serait antérieure à la fondation des filles de Citeaux. Nous préférons penser que les moines cisterciens avaient simplement quelques principes, qui étaient leur raison d’être. Ces principes ont dirigé les réunions des abbés entre 1114 et 1119, comme la vie des nouvelles abbayes et conduit aux règles exprimées par la Charte de Charité.

3. Cf., Heimbücher, t. I, p. 337 et Paris de Foulcarmont, Nomaslicon Cisterciense, voir également Canivez, t. [, p. 1.

se réunissent tous les abbés de l’ordre. Seule l’infirmité peut en dispenser, dans ce cas un messager doit venir certifier la légitimité de l'empêchement. En considération de leur éloignement certains abbés peuvent n'être pas astreints au déplacement annuel. Tout absent doit, à peine de punition grave, venir s’excuser l’année suivante (c. 15). Le chapitre traite du salut des âmes dans l’observation de la sainte Règle, du salut de l’ordre dans ce qu'il faut retrancher ou ajouter, du bien de la paix et de la charité entre frères (c.16). Si un abbé est trop peu appliqué à la règle ou trop occupé du siècle, on le dénonce ; il doit demander pardon et faire pénitence (c.17). S’ils’élève, entre abbés, une discussion grave ou bien si une faute est commise entraînant suspense ou déposition le chapitre décide et tous doivent se conformer à sa décision (c.18). Sil’accord ne peut être réalisé dans le chapitre, la décision est prise par l’abbé de Citeaux et par les abbés de plus sain conseil et le plus idoines (c.19)c’est-à-dire par les quatre protoabbés (c.g. 1134). Lorsqu'un monastère tombe dans une pauvreté intolérable le chapitre avise à la réalisation d’une aide mutuelle (c.20). Toute autre réunion est interdite (c.14).

C’est la première fois qu'un texte contient tant de précisions sur les réunions d’abbés. Celles-ci ne sont pas une nouveauté, mais jamais sans doute elles n’ont été réglées avec tant de soin, jamais elles n’ont eu tant d'importance institutionnellet, De plus elles présentent un caractère nouveau, par leur valeur au moins. L'abbé de Citeaux est bien le chef d'ordre, il jouira toujours de la primauté d’honneur et présidera le chapitre général, il pourra même, avec le conseil des protoabbés, régler toute question urgente en l'absence du chapitre ou décider lorsque celui-ci ne saura pas se mettre d'accord, mais en principe toutes les décisions de l’ordre sont prises par l’ensemble des abbés réunis sur le pied de l'égalité.

La raison de ce système est simple. Citeaux est une abbaye bénédictine réformée, et sa réforme est dirigée à l’encontre de la vie clunisienne. Par goût de l'isolement et par prudence

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