‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 38 sur 191 · LES CONGRÉGATIONS BÉNÉDICTINES · texte numérisé non relu

LES CONGRÉGATIONS BÉNÉDICTINES

Dans ce chapitre nous nous occuperons de Cluny, des Camaldules, de Vallombreuse, des Silvestrins, des Olivétains, des Célestins et autres groupements bénédictins. C’est dire que nous ne donnons pas ici au mot de congrégation un sens technique trop précis. Le caractère commun de ces groupements, qui nous permet de les réunir présentement, est d’être tous constitués par un ensemble de monastères vivant sous les mêmes observances et ayant entre eux un lien institutionnel.

Section I

Cluny

Dans le titre précédent nous avons étudié Cluny jusqu’au moment de l'apparition du chapitre général cistercien, c’est-à-dire environ, jusqu'à la mort d’'Hugues le Grand, soit 1109. Ponce de Melgueil est alors élu ; il n’a rien d’un saint. Dirigé par un mauvais abbé Cluny va tomber d'autant plus vite qu'il s'était élevé plus haut et qu’une activité trop grande l'avait épuisé. Déjà la création de Grandmont, de la Chartreuse, de Citeaux, de Fontevrault avait montré une divergence d’idéal, que marquent également Saint-Victor, Prémontré et autres. Maintenant Citeaux va se présenter comme une réforme de l’ordre

bénédictin, dirigée particulièrement contre Cluny. Animé d’un zèle intense pour la discipline et convaincu de ce qu’il ne fait que travailler à l’intérieur de son ordre, saint Bernard n'hésite pas à étendre sur tous les moines noirs l'influence des blancs : les benjamins de la famille de saint Benoît, forts de leur jeunesse, se permettent de diriger leurs aînés. Ils l'estiment d'autant plus légitime qu’on se trouve en présence non seulement d'idées différentes mais aussi des difficultés qui ne font que donner libre cours à certaines indisciplines et à diverses tendances centrifuges. Saint Bernard pense que Cluny a besoin de réformer ses mœurs, ses observances, son organisation, et, puisqu'il est moine de saint Benoît, il a un titre particulier à intervenir, indépendamment de l’obligation qui s'impose à quiconque de remettre dans le droit chemin ceux qui s’en sont écartés 1.

Nous n'avons pas à examiner la légitimité de l'idéal ni de Cluny ni de Citeaux. Nous ne montrerons pas non plus comment les rapports entre les deux ordres, cordiaux au début, se sont peu à peu envenimés pour aboutir à une dispute, qu'il ne faudrait d’ailleurs pas exagérer. Nous devons nous borner à rechercher l'influence des moines blancs sur les moines noirs en ce qui concerne le chapitre général. Les faits nous conduiront dans la province de Reims où s’est d’abord, exercée l’action de saint Bernard ; nous arriverons ainsi à l'établissement du chapitre général clunisien, dont nous exposerons, enfin, le fonctionnement.

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