‹ Le Chapitre Général Jusqu'au Moment Du Grand SchismeChapitre 58 sur 191 · Berlière, R.B:,-t.19, p · texte numérisé non relu

Berlière, R.B:,-t.19, p

2. Pour tout ce que nous disons du chapitre provincial en Angleterre se reporter à Pantin, Documents illustrating the activities of the general and provincial chapters of the english black monks ; aux dates indiquées on trouvera les décisions des chapitres.

9 PANUN LD EMI IC

Pantin, 00: D EXT

Conformément au décret « In singulis regnis » les abbés de la province de Canterbury se réunissent, en 1218, à Oxford sous la présidence de deux Cisterciens, qui s’adjoignent deux Bénédictins. Aussitôt sont nommés deux visiteurs chargés d’une enquête sur la réception des statuts du chapitre général. La réunion suivante est assignée à Saint-Alban pour le jour de la Sainte-Croix de l’année prochaine. Des chapitres sont successivement tenus en 1224 à Bermondsey, 1225 à Northampton, 1228 à Reading, 1238 à Londres, 1246 à Oxford, etc., au total 24 fois jusqu’en 1336. Le chapitre n’est pas tenu régulièrement tous les trois ans. On trouve des chapitres pendant deux ans de suite ; il ne faut pas s’en étonner, en effet, il avait été spécifié en 1225 que le chapitre général peut être convoqué plus souvent que ne l'exige le décret, à la suite d’un événement politique, d’un incendie, de la détresse matérielle d’un monastère, etc. Il ne faut pas non plus s'étonner de rencontrer parfois de longs intervalles : bien des empéchements peuvent surgir : ainsi les présidents se voient obligés à proroger en 1252 à Londres le chapitre asssigné pour 1250 à Oxford. Des difficultés naissent du fait des visiteurs : en 1236 Grégoire IX maintient la vigueur des statuts du chapitre nonobstant les pouvoirs des visiteurs 1; le chapitre de 1249 rappelle que les visiteurs doivent se conformer aux formes qu'il a établies. D’autres difficultés se rattachent à la diminution de l'office et au développement des études, auxquels certains abbés et l’archevêque Peckham font une violente opposition.

Dans la province d’York les chapitres sont moins nombreux que dans le Sud : on en compte neuf de 1215 à 1356. Non seulement l’absence y est punie d’une amende, mais le retard aussi : ceux qui n’arrivent pas la veille de l'ouverture du chapitre, afin d’élire les présidents, devront rembourser leurs frais à ceux qui sont arrivés à l’heure (c.g.1293). Cette règle n’en laisse pas moins le chapitre très faible ; par suite d’une querelle interminable entre le prieur de

4, Berlière, R.B., t. 19, p. 270.

Durham et l'archevêque d’York il ne peut se réunir pendant sept ans.

En 1336 la bulle « Summi Magistri » joint ensemble les deux provinces, qui ne tiendront dorénavant qu'un seul et même chapitre. Benoît XII charge les abbés de Sainte- Marie d’York et de Saint-Alban de Lincoln de convoquer le chapitre pour 1338. Celui-ci est tenu le 10 juin dans le prieuré clunisien de Saint-André à Northampton, lieu le plus central. Sur l’ordre du Souverain Pontife, les bulles de commission sont lues au début du chapitre, auquel il est ensuite procédé. C’est alors qu'un clerc, Philippe de Londres, apporte du roi une lettre interdisant la réunion. Le chapitre proteste de son loyalisme, par déférence ajourne la suite du chapitre jusqu’au 12. Ce jour-là, devant notaires publics, il affirme sa fidélité au roi, mais déclare aussi ne pouvoir, en fils obéissants, se soustraire aux instructions du Souverain Pontife pour la réforme de l’ordre. Ensuite il organise la visite de la province, nomme sept définiteurs, prépare une nouvelle édition des statuts en accord avec la bulle, donne divers éclaircissements de la Règle, etc., fixe le chapitre suivant au même lieu poûtr 1340, le premier jour de lune après la Nativité de la Vierge, nomme le collège électoral des futurs présidents, etc. Treize supérieurs sont présents, dix-neuf représentés, neuf manquent, seize n’ont pas donné procuration suffisante, un monastère n’a pas de supérieur.

Le roi intervient encore en 1343. Les cardinaux ont en effet adressé à la province d'Angleterre une lettre par laquelle ils chargent le chapitre de percevoir, pour le compte du Saint-Siège et sous peine de censures de la part de l’autorité apostolique, sur l’ensemble des monastères, la somme de 300 florins pour frais d'expédition des statuts pontificaux. Le roi défend toute contribution ou imposition établie pour acquitter un cens hors du royaume.

Par ailleurs le chapitre de 1343 approuve et publie un ensemble de statuts, les anciens ayant dû être mis en har-

a Pantin, The general and provincial chapters of the english black monks, p. 207.

monie avec les nouvelles prescriptions des bulles de 1336 et de 1340. Une section y est consacrée au chapitre commun. Le soin de celui-ci est confié aux présidents, qui pourvoient à tous les détails. Le premier jour le chapitre s’ouvre par la messe du Saint-Esprit, avec collecte pour le roi, la reine, leurs enfants, etc. ; puis, dans la salle du chapitre, un sermon est prononcé, après recommandation des bienfaiteurs ; ensuite commencent les délibérations entre les seuls membres du chapitre, les procurations sont examinées, on nomme les définiteurs ; le second jour les visiteurs font leur compte rendu, les abus sont frappés de peines ; les visiteurs sont choisis pour les années suivantes ; le dernier jour on prépare le chapitre à venir; après les prières d'usage le chapitre se termine par un sermon en langue vulgaire pour le peuple.

Le chapitre est ainsi tenu en 1338, 1340, 1343, 1346, 1363, 1379, etc. Les réunions s’espacent donc à partir du milieu du XIVe siècle. Les raisons en sont nombreuses : peste, dépeuplement des monastères, troubles de la société, misère, lassitude, etc.

En somme un assez grand nombre de chapitres provinciaux ont été tenus en Angleterre, principalement de 1218 à 1228, puis de 1246 à 1255, de 1266 à 1301, de 1338 à 1346, dates qui correspondent aux pontificats d’Honorius III, Innocent IV, Clément IV et ses successeurs, Benoît XII et Clément VI. On doit reconnaître que les abbés bénédictins d'Angleterre ont suivi les volontés pontificales avec soumission et qu'ils ont appliqué les réformes de Benoît XII avec, peut-être, plus de loyauté que bien d’autres régions, si ce n’est les obligations financières 1, Rome restait d’ailleurs en liaison avec l'Angleterre, intervenant tantôt spontanément, tantôt à la demande des présidents. Dans les autres provinces on trouve des chapitres à des périodes correspondantes : années qui suivent le concile de Latran, milieu du XIIIe siècle, dernières années de ce siècle et début du XIVe, année 1337. Une place à part doit être donnée aux provinces de Reims-Sens, et Toulouse-Narbonne dont les

Page 1