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vues le 29 août permettaient à l'Allemagne de couvrir ses besoins à un taux sensiblement égal à celui de la France, et comme d’autre part, la C. D. R. avait notifié à la Kriegsiattenkommission qu’elle maintenait, provisoirement, en vigueur le Protocole du 29 août, il manifesta son intention d’attirer solennellement l’attention de la C. D.R., de lui demander d’user de tous ses pouvoirs pour contraindre les Allemands à l’exécution du programme approuvé par elle, et de ne pas prendre en considération la limitation des livraisons à 750.000 tonnes par mois à laquelle l'Allemagne se déclarait contrainte. Quant aux Anglais, ils pensaient platoniquement qu’il importait que les Alliés eussent pleine satisfaction. Ils conseillaient de choisir entre, d’une part l'effet moral résultant de la réduction des livraisons actuellement réclamées en exécution du protocole, et non effectuées, et d’autre part, le maintien sans modération des conditions existantes « d’un taux peut-être excessif ». Cependant la C. D. R. notifia le 9 février à l’Allemagne qu’en application des dispositions du Protocole du 29 août, elle fixait au chiffre de 2.234.000 tonnes les quantités restant à livrer mensuellement pour la période envisagée, c’est-à-dire jusqu’au 1°’ mai 1920.
Les livraisons ne furent pas satisfaites ponctuellement. En février nous reçûmes 655.720 tonnes et 687.366 en mars.
L'Allemagne à ce moment souffrait d’une crise politique et sociale assez grave. Elle manquait d'argent, elle manquait de vivres. Les mineurs demandaient sans cesse des augmentations de salaires pour pouvoir se procurer des aliments que leur extrême rareté faisait de plus en plus chers. Comme malgré tout ils n’en trouvaient pas, ils exigèrent une diminution de la journée de travail, alléguant qu’une alimentation si déplorable ne leur permettait pas un travail si ardu.
Les Alliés reconnaissaient qu’il fallait alimenter le mineur. Dès 1918, lors de la signature du Protocole du Luxembourg, la question avait été débattue. On avait prévu un compte ravitaillement et quelques vivres avaient été vendus à l’Allemagne. Le
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Protocole du 29 août en réponse à une demande du Gouvernement allemand d’un crédit de 200 millions pour acheter des vivres comportait, que (art. 13) « les Puissances Alliées et Associées « donneront à l’Allemagne des facilités spéciales pour l’appro- « visionnement des districts miniers en vivres et matières pre- « mières, et pour le paiement desdits objets dans les limites qui « seront fixées par la Commission des Réparations ». Bien en-| tendu ces « facilités spéciales » n'étaient pas la contrepartie des! livraisons que l’Allemagne avait à effectuer, mais le résultat d’une! nécessité économique reconnue. On n'avait pas fait d’ailleurs
grand chose dans cette voie, et au mécontentement des mineurs de: manquer d’aliments, s’ajoutait, soigneusement entretenu par le: Gouvernement allemand, le sentiment que la France abusait du vaincu.
C'était toujours la France qui réclamait, qui exigeait, quil mettait en branle la C. D. R. pour obtenir satisfaction. C’est lé sentiment que M. Hugo Stinnes dénonça en avril 1920 « Dans 1
« situation actuelle, si nos mineurs ne produisent pas plus c’es « que leurs moyens d’alimentation ne leur permettent pas url « travail plus fort et plus long ;ensuite, c’est aussi parce que leuil « moral est rendu mauvais par leur interprétation des agisse ments de la France à leur égard. Pour ces raisons j'estime
KR « et j'ai la conviction que le seul moyen d’augmenter leur travai
« c’est de leur donner quelque satisfaction morale, qui leur pro
« verait les meilleures intentions de la France, et de leur fournil
ensuite les moyens de s’alimenter.
« Alors le Syndicat pourrait non seulement fournir le
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750.000 tonnes par mois, mais porter ses livraisons à 1.200.00 « tonnes ».
Gustave Hue, syndicaliste répandu dans les milieux minier4ill secrétaire général du Syndicat des mineurs et député, moi susceptible de nationalisme que M. Hugo Stinnes, disait à pell près la même chose. Ill
« Les mineurs travaillent aujourd hui, malgré des salaire « insuffisants, jusqu’à l’extrême limite de leurs forces. I!
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