‹ Le Charbon: Élément de Réparations et de Négociations dans le Traité de Versailles et les Accords qui l'ont suiviChapitre 15 sur 73 · ARR · texte numérisé non relu

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« savent qu'ils ne travaillent pas pour accroître leur bien-êtré, « mais pour que le charbon qu'ils extraient soit livré à l’Entente. « Pour augmenter d’une façon durable la production il est néces- « saire d'étudier d’abord la question du ravitaillement de la popu- « lation ouvrière Ce n’est pas la force qui les fera travailler, « car nul ne pourra les contraindre à prendre la pioche en main « dans le fond de la mine ».

En mai, les livraisons aux Alliés s'élevèrent à 1.123.413 tonnes alors que le programme global établi par la C. D. R. portait 2. 125.666 tonnes.

11 portait même davantage si l’on considère que la C. D. R. par une décision en date du 29 mai 1920 avait porté à 450.000 tonnes par mois la quantité de charbon allouée à la Pologne, en provenance de Haute-Silésie, au lieu des 250.000 tonnes que le Conseil Suprême avait consenties en novembre 1919.

Les Allemands protestèrent véhémentement contre cette augmentation, si véhémentement même, — allant jusqu’à dire que la C. D. R. « n'ayant aucune compétence pour se mêler des affai- « res intérieures de l’Allemagne n'avait pas le droit de donner « l’ordre en cause », — que lies Gouvernements alliés auxquels elle avait adressé sa supplique, ne la prirent pas en considération. Les Allemands disaient que Berlin et l'Allemagne de l'Est, ayant absolument besoin de charbon de Haute-Silésie, il fallait compenser le manque résultant de la nouvelle exigence de la C. D. R. par une réduction sur les livraisons de la Ruhr. En réalité les besoins de la Haute-Silésie, de l’ Allemagne du Nord et de l'Est, étaient couverts à 67 %, soit à peu près la moyenne idéale à l’époque. L'Allemagne recevait d’ailleurs plus de charbon de Haute-Silésie qu'avant-guerre et, en outre, cette province n’était plus sous la domination du Gouvernement allemand.

La C. D. R, saisie de ces plaintes et considérant surtout que les mines de la Ruhr, sur un ordre de Berlin, avaient réduit de 10.000 tonnes par jour leurs livraisons, déclara à l’Allemagne le 25 juin, invoquant la violation du Traité, qu’elle prenait les mesures conformes au $ 17 de l’Annexe II, et le 30 juin, elle

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notifia formellement aux Puissances Alliées et Associées, le manquement de l'Allemagne à remplir ses obligations en ce qui concernait les livraisons de charbon.

« La Commission des Réparations usant de cette faculté « (de pouvoir dans la mesure qu’elle fixe, annuler ou différer « les livraisons prescrites par le Traité) en faveur de l’Allema- « gne dans un esprit que les délégués allemands, eux-mêmes, « ont dû reconnaître très libéral, a fixé aux quantités indiquées « ci-dessous les livraisons à effectuer pour les mois d'avril, mai,

* juin avril 1.580.000 tonnes.

mai 2.125.000 tonnes juin 2.300.000 tonnes

(Soit du 1° au 10 juin 767.000 tonnes).

« Or les quantités réellement expédiées ont été seulement :

« en avril de 800.000 tonnes au lieu de 1.580.000,

« en mai de 1.094.000 tonnes au lieu de 2.125.000,

« du 1° au 10 juin, 400.000 tonnes.

« Soit, au total, pour la période considérée, 2.294.000 tonnes, « alors que la quantité au-dessous de celle fixée par le Traité de « Paix était de 4.472.000 tonnes. L'Allemagne n’a donc, durant « cette période, exécuté que dans la proportion de 51,3 % le « programme qui lui avait été notifié.

« En présence de ces faits, la Commission des Réparations constate et signale aux Puissances intéressées le manquement par l’Allemagne aux obligations qui lui incombent ». (1).

Les livraisons de juin avaient été plus basses encore que celles de mai, s’élevant seulement à 1.088.044 tonnes.

I1 fallait agir. Bien que la presse et le public, acceptassent volontiers l'emploi de la manière forte, le Gouvernement n’y vou-

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