‹ Le Charbon: Élément de Réparations et de Négociations dans le Traité de Versailles et les Accords qui l'ont suiviChapitre 21 sur 73 · LES · texte numérisé non relu

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Sous le régime des accords de Wiesbaden, l’Allemagne ne tint pas ponctuellement ses engagements ; la constance du déficit apparaît au tableau ci-contre.

Cependant (nous sommes fin 1921), une certaine reprise de l’activité se manifestait. Sans avoir la même acuité qu’en 1919 notre besoin de charbon se faisait encore vivement sentir. D'autre part, la crainte grandissait de plus en plus que le Gouvernement allemand pratiquât la politique des hauts prix intérieurs. M. Loucheur, dominé par cette idée d’une hausse des prix allemands, avait pensé pouvoir agir sur les prix des charbons” allemands en incorporant les charbons dans le plan général de reconstruction qu’il avait élaboré et dont Saint-Quentin devait être le centre d'exécution. Il avait émis l’idée, pour faciliter les négociations avec l’Angleterre, à la fin de lui faire accepter les accords de Wiesbaden, d'établir ie prix des charbons allemands de Réparations à la parité des prix des charbons anglais et français livrés à Saint-Quentin (transports compris).

Les protestations de l’industrie s'étaient fait immédiatement entendre. Les métallurgistes particulièrement redoutaient l’augmentation des prix du charbon allemand. Pour mettre le charbon allemand au prix du charbon français, il faudrait l’augmenter de telle manière qu’ils seraient, disaient-ils, obligés d’éteindre leurs hauts-fourneaux. Mais M. Le Trocquer qui veillait avec un soin tout particulier sur les intérêts de la métallurgie recommanda aux

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experts pendant la Conférence de Cannes de n’accepter une augmentation, si elle était inévitable, que sous forme d'impôts. Les impôts étaient déjà d’un taux si élevé que le Gouvernement allemand ne pouvait guère songer à pratiquer par ce moyen une hausse des prix.

Les métallurgistes, ou tout au moins certains d’entre eux, étaient plus fondés que quiconque à s'opposer à une hausse des prix du charbon allemand. Pour une raison ignorée en effet, ils avaient obtenu du Gouvernement que les cokes allemands livrés par l’O. H. S. leur fussent comptés au prix de revient (1). Lorsque la baisse du mark s’accentuera, l'écart se fera de plus en plus sensible entre le prix de revient de ces fournitures et le prix mondial du coke. À certain moment, le prix de revient du coke fourni par l’O. H. $S., était de 35 frs la tonne, alors que le prix courant était de 250 frs environ. Si l’on tient compte du fait que le coke intervient pour près de 50 % dans le prix des produits métallurgiques, et que fréquemment les cokes métallurgiques constituèrent par l’exercice de l’option prévue au Traité de Versailles la majeure partie de nos prestations, le bénéfice de cette concession sera mieux encore mis en lumière (2).

L’O. H. $S. avait par la vente de ses charbons fait des bénéfices importants. Comme nous l'avons dit, ces bénéfices avaient servi à combler le déficit des opérations de compensation du B.iN. C. A partir de 1922, la vente des charbons de 1’O. H.S. ne

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(1) Le prix de revient de l’O. H. S. (au moins jusqu’à la mise en application du plan Dawes), comprend le prix dont il estimait l’Allemagne débitrice d’après ceux publiés par la Reichkohlenvehrband, augmentés des prix de transport. L'Allemagne s’est en effet toujours refusée à donner sa facture à la C. D. R. Il faudra attendre 1925 pour qu’elle fournisse un état estimatif de ses livraisons passées qui permette de fixer ses prestations à un chiffre définitif.

(2) Les métallurgistes qui tirèrent parti de cette affaire exceptionnelle, avait fondé une société pour l'achat en commun et la répartition de ces cokes, le Comité des Forges ne se prêtant pas assez à leurs opérations. Cette société bientôt compromise fut dissoute, mais aussitôt il en naquit une autre.

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rapporta guère à l'Etat. Des concessions comme celle que nous venons de signaler firent passer dans d’autres caisses le fruit de ses opérations. Telles par exemple les primes considérables versées à la navigation rhénane.

Ce déficit paraîtra mieux encore à partir de 1924 lorsque par suite de l'application du plan Dawes les livraisons ne se régleront plus par écritures mais en espèces.

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