‹ Le charbon et la vaccination charbonneuse d'après les travaux récents de M. PasteurChapitre 37 sur 63 · EXPÉRIENCES DE CLERMONT-FERRAND · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DE CLERMONT-FERRAND

moutons. Le 18 juin, on prit le sang du dernier mouton mort qui, lors de l’autopsie, avait surtout dans le tissu musculaire des lésions encore plus apparentes que celles produites par le virus virulent dans la troisième inoculation. Le sang de ce mouton fut injecté au bœuf portant le n° 3 des expériences du 15 mai et à une vache que la Société d'agriculture mit à la disposition des vétérinaires.

Le bœuf vacciné n’a pas été malade : on n’a constaté qu'un léger gonflement à peine apparent à l'endroit de la piqûre. Les effets ont été tout différents sur la vache. Il s’est développé une tumeur très forte, en arrière de l'épaule gauche. Pendant deux Jours, la fièvre a été légère ; l’animal semblait avoir conservé son appétit. Le troisième jour, la fièvre a été plus forte; la température qui, au début, était de 38°,4 avait dépassé 40 degrés. Enfin, le quatrième jour, la mort est survenue.

À l’autopsie, on n’a pas trouvé de lésions bien accusées. Cette circonstance peut tenir à ce que la vache était atteinte d’un commencement de phthisie pulmonaire; par suite, elle n’a pas offert une très grande résistance à l’élément bactéridien, et la mort est survenue avant que la fièvre charbonneuse eût accompli son évolution complète. Il n’en est pas moins certain qu’un bœuf vacciné a pu être inoculé impunément avec du sang pris à un animal mort du charbon et qu’une vache non vaccinée a succombé.

Ainsi, l'expérience a démontré une fois de plus qu’on peut prévenir le charbon ou le rendre sans danger pour les animaux des espèces bovine et ovine. Il importe que cette découverte soit mise à profit par tous les éleveurs et notamment par les propriétaires des montagnes dangereuses.

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