‹ Le chariot d'orChapitre 21 sur 41 · REVEIL · texte numérisé non relu

REVEIL

L'aube d'une clarté s'épanche dans mon âme. Au mur de l'horizon j'ai vu luire une flamme. Les îvs soudain dans l'ombre ont frémi de ferveur Et j'ai senti passer la robe du Sauveur.

Je suis le vojag-eur endormi sur la route,

Las et le cœur sinistre, au carrefour du doute,

Suant l'ang^oisse au fond d'un cauchemar mortel,

Et qui, dans le matin dressé comme un autel,

D'un beau geste ébloui se réveille et se lève

A l'appel d'un g-rand ciel tout ruisselant de rêve !

l46 LE CHARIOT d'or

Le verbe des hauteurs, ranimant mes pensers Pareils après l'orag-e aux épis renversés, Les redresse d'un seul frisson vers la lumière ; Et mon cœur, comme un mort qui soulève sa pierre, Mon cœur ressuscité bat sa vie à g-rands coups.

Car Tépouse mystique a retrouvé l'époux.

0 mon âme, la nuit a lâché sa capture. Tu peux encor tenter la divine aventure, Et vers ton inconnu, d'un frémissant essor. Monter lé§"ère au ciel comme une flèche d'or.

Va- t'en, va-t'en : déjà le vent de la Parole Fait tressaillir ta chevelure qui s'envole Et met la joie au cœur des chênes des forêts. Va, belle, conquérir les magiques secrets, Dont l'amour pour toi seule a soulevé les voiles.

L'amour t'atte^nd, le g'rand papillon des étoiles.

INTÉRIEUR l47

Et rtotte au larg-e azur roriflamme d'argent, L'AiJg'e a terrassé l'ég^oïsme intellig"ent, La bête au ventre lourd, l'hydre à l'échiné torse Oui veut le mordre encore au talon et s'efforce...

Eveillée aux rayons, éventée aux fraîcheurs, La mer spirituelle émerg-e des blancheurs .'Vvec des vols ravis d'âmes neuves encore Homme des alcyons qui tournent dans l'aurore : L.a mer spirituelle aux vag"ues de clarté Où monte ton soleil vivant, ô Vérité !

Juand je marchais, perdu, l'œil plein d'un couchant sombre ^ne main de lumière a pris ma main dans l'ombre ,^L m'a conduit le long' du mystique sentier, LUX jardins où jaillit la source de pitié, oQs les palmes d'où tombe une paix ang-éliqiie.

tiors j'ai revêtu la candide tunique

it l'espoir des enfants a visité mon cœur.

► mon âme, sois donc forte et fuis la langueur.

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L'âme s'eng-lue au miel du rêve et de la flûte. La vie est à ce prix : roidis toi pour la lutte. N'attends pas vainement : ton futur t'appartient. Tiens-toi toujours debout pour celui-là qui vient Et dont sur les chemins les pieds g-ra vent l'exemple.

Sois le prêtre vêtu de blanc au seuil du temple, Pur et qui tend les bras vers le soleil leva»t ! L'aile des Envoyés palpite dans le vent, L'étoile brille au ciel entre toutes bénie, Et voici revenus les temps d'Epiphanie.

Puisque la moisson croît pour l'éternel semeur,

Puisque le lys fleurit en loyal serviteur,

Je veux donner ma vie à la Bonne-Espérance,

A la règ"le, à l'effort, à la persévérance,

L'ennoblir de sag-esse, et de force l'armer,

L'alléger de prière et toute l'enfermer

Dans la soif de comprendre et la splendeur d'aimer.

INTÉRIEUR l49

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