‹ Le chariot d'orChapitre 26 sur 41 · L'HÉCATOMBE · texte numérisé non relu

L'HÉCATOMBE

Dans la splendeur dorée et cruelle du soir Les Taureaux, fronts crépus et sang'lantes paupières, Se hâtant lourdement sous les sombres lanières, Mélancoliquement s'en vont à l'abattoir.

Auprès d'eux, dominant le troupeau du trottoir, Les beaux Bouchers, casqués de vivaces crinières, S'avancent, déployant de puissantes manières, Et vont roulant le torse en un lourd nonchaloir.

Sur le tas moutonnant de cornes indomptées Flottent d'acres senteurs d'étables, fermentées; Et d'épais beuglements montent, confus et sourds.

Et, fils pâle d'un âg-e où la Force succombe, Je sens en moi devant la farouche hécatombe Ressusciter l'orgueil brutal des anciens jours.

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