LA DAME DE PRINTEMPS
Ses long's cheveux d'aurore og-ivant son front lisse, La Dame de Printemps, en un song-e éternel, Au bord du lac où sonnent les cors d'Avenel Mire les fleurs de sa robe de haute lisse.
Parmi l'Avril épars, et les tièdes délices,
Limpide, elle sourit à l'azur fraternel.
Ses yeux ont la couleur du lac originel,
Et son corps se balance au rythme des calices.
L'étendard bleu frissonne au vent sur les tourelles : Or le doux mal qui chante au cœur des tourterelles En son cœur berce un rêve ineffable à saisir.
C'est la lang-ueur d'aimer qui brame sur la berge^ Et de ses long-ues mains, elle flatte, la Vierg-e, A. ses pieds allongé son tigre, le Désir.
EVOCATIONS
VISlOiN
Le soir tombe; la nuit millénaire descend...
Sur le temple écroulé pullulent les théâtres ;
Et les villes de feu, les villes idolâtres
Brûlent — roug'es au loin — dans le soir saisissant.
L'or-soleil s'est couché dans un marais de sang-; Et l'âme, sous son fard, suant des peurs verdâtres Ecoute au fond du ciel que contemplent les pâtres Clouer dans l'ombre un grand cercueil retentissant.
Tous les puits sont taris où buvait la souffrance.
La terre, fatig-uée, est lasse d'espérance
Et ne veut plus prier, tous ses dieux étant sourds.
La croix où pend Jésus sur la g-rève est déserte, Et la mer qui s'en va, comme une épave inerte, Roule, vide à ses pieds, le cœur des anciens Jours.
Musique — encens — parfums. . . , poisons. . . , littérature ! . , Les fleurs vibrent dans les jardins effervescents ; Et TAndrog-yne aux grands yeux verts phosphorescents Fleurit au charnier d'or d'un monde en pourriture.
Aux apostats du Sexe, elle apporte en pâture, Sous sa robe d'or vert aux joyaux bruissants, Sa chair de vierge acide et ses spasmes grinçants Et sa volupté maigre aiguisée en torture.
L'archet mord jusqu'au sang- l'âme des violons, L'art qui râle agité d'hystériques frissons En la sentant venir a redressé l'échiné,..
Le stig-mate ardent brûle aux fronts hallucinés. Gloire aux sens 1 Hosanna sur les nerfs forcenés, L'Antéchrist de la chair visite les damnés...
Voici, voici venir les temps de l'Androg-jne.