‹ Le chariot d'orChapitre 8 sur 41 · SOIR SUR LA PLAINE · texte numérisé non relu

SOIR SUR LA PLAINE

Vers l'occident, là-bas, le ciel est tout en or ; Le long" des prés déserts où le sentier dévale La pénétrante odeur des foins coupés s'exhale, Et c'est l'heure émouvante où la terre s'endort.

Las d'avoir, tout un jour, penché mon front qui brûle, Comme on pose un fardeau, j'ai quitté la maison. J'ai soif de g-rande ligne et de vaste horizon. Et devant moi s'étend la plaine au crépuscule.

Une solennité douce flotte dans l'air, Ma poitrine se gonfle au vent rude qui passe ; Et mon cœur, on dirait, grandit avec l'espace, Car la plaine infinie est pareille à la mer.

La faux des moissonneurs a passé sur les terres, Et le repos succède aux travaux des long-s jours ; Parfois une charrue, oubliée aux labours, Sort, comme un bras levé, des sillons solitaires.

L'Ang-élus au loin sonne, et, simple en son devoir, La glèbe écoute au ciel tinter la cloche pure. Et comme une humble vieille en sa robe de bure Semble dire tout bas sa prière du soir.

La nuit à l'orient verse sa cendre fine ; Seule au couchant s'attarde une barre de feu ; El dans l'obscurité qui s'accroît peu à peu La blancheur de la route à peinejse devine.

Puis tout sombre et s'enfonce en la grande unité. Le ciel enténébré rejoint la plaine immense... Ecoute !... Un ^rand soupir traverse le silence... Et voici que le cœur du^jour s'est arrêté !

Et mon âme a frémi de se sentir trop seule, Et tout à coup s'allèg-e à retrouver là-bas, Enorme et toute rose en son halo lilas, La lune qui se lève au-dessus d'une meule.

LKS HOSES DANS LA COUPE ^g

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